Loi sur la retraite: Bouteflika intervient, le gouvernement s’en sort!

date 2016/12/01 views 1439 comments 4
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icon-writer Imène Aouimer / version française: Moussa. K

Campant sur sa position, le gouvernement a fini par prôner l’amendement introduit par le président de la République portant « attribution pendant deux années de la pension de retraite, avec jouissance immédiate au profit des travailleurs salariés, âgés de 58 ans en 2017 et 59 ans en 2018 et qui ont totalisé 32 années au moins de service effectif ayant donné lieu au versement de cotisations».

Ainsi, la retraite anticipée sera officiellement supprimée en janvier 2019.

Le projet de loi modifiant et complétant la loi 12-83 du 2 juillet 1983 relatif à la retraite a été adopté, mercredi, à la majorité par les députés FLN et RND, tandis que le groupe parlementaire FFS a boycotté la séance du vote au moment où les députés PT, AAV et le FJD l’ont rejeté.

Pour contenir la colère de la classe ouvrière et faire taire les dizaines de syndicats qui se sont élevés et menacé de durcir le ton, l’Exécutif s’est appuyé sur l’amendement introduit par le « chef de l’Etat ».

Devant les membres de la Chambre basse du parlement, le ministre du Travail, Mohamed El Ghazi a présenté un amendement oral sur instruction du président Bouteflika qui prévoit que: «sans préjudice des dispositions de la loi, il est possible, d'attribuer pendant deux années la pension de retraite, avec jouissance immédiate au profit des travailleurs salariés, âgés de 58 ans en 2017 et 59 ans en 2018 et qui ont totalisé 32 années au moins de service effectif ayant donné lieu au versement de cotisations».

Le droit à la pension de retraite est concédé, dans ces cas précis, à « la demande exclusive du travailleur salarié», prévoit ce même amendement.

L’adoption du texte de loi a été accompagnée par des applaudissements des députés de la majorité parlementaire (FLN/RND) et le refus affiché par les partis de l’opposition.

L’opposition monte au créneau 

Les partis de l’opposition se sont dits surpris par la décision prise par le gouvernement sur instructions du chef de l’Etat.

Le député AAV, Naâmane Laouar a soutenu: «nous ne pensons pas que cet amendement comblera le déficit de la Caisse nationale de retraite (CNR) à la lumière du gaspillage au niveau de la Caisse nationale des assurances sociales des travailleurs salariés (CNAS) et la tolérance de l’évasion fiscale». 

Et Taazibt du PT d’abonder dans le même sens: « Ni le président de la République, ni autre responsable de l’Etat n’ont le droit de s’opposer aux revendications des millions de travailleurs ayant refusé la suppression de la retraite anticipée et sans condition d’âge », estimant que « cet amendement est partiel et ne servira guère la classe ouvrière».

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