Majed Nehmé: «Macron corrigera les erreurs de ses prédécesseurs à l’égard d’Algérie»

date 2017/05/15 views 639 comments 0
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icon-writer Abdessalam Sekia / version française: Moussa. K.

Le nouveau président français, Emmanuel Macron réparera les erreurs commises par ses prédécesseurs Nicolas Sarkozy et François Hollande, a indiqué Majed Nehmé, directeur de publication du magazine «Afrique-Asie».

Pour étayer ses dires, il a fait référence à «la visite effectuée par Macron en Algérie pendant la campagne électorale durant laquelle il a prononcé une déclaration inédite sur le passé colonial de son pays».

Majed Nehmé a rappelé que le principe dont sont nouées les relations entre Etats était l’« intérêt », ajoutant qu’il n’y ait pas de querelles permanentes, non plus des « amitiés permanentes » mais des « intérêts ».

Dans une déclaration à Echorouk sur sa conception des relations franco-algérienne-marocaines, Nehmé a affirmé qu’« il y a un accord selon lequel l’Algérie est un pays essentiel et incontournable dans la politique française au sud de la Méditerranée, et sur cette base qu’il (Macron) œuvrera à rattraper les erreurs commises par la France sous Sarkozy et Hollande».

«Le jeune Macron adoptera une politique extérieure, dont l’Algérie sera une partie essentielle après le désastre provoqué par son pays en Libye…L’Afrique subit les retombées de l’intervention en Libye, particulièrement l’Algérie. Ce qui s’est produit en Libye devrait constituer une forte motivation pour Macron afin de relancer des liens forts et solides», ajoute notre interlocuteur.

Pour le directeur du magasine « Afrique-Asie », une transformation se profile dans l’axe Paris – Alger, indiquant que « Macron lorsqu’il avait visité l’Algérie pendant la campagne électorale, il était conscient de l’importance de ce pays, et même en France il y a eu une importante et forte communauté algérienne…En Algérie, il a fait une déclaration célèbre sur les crimes coloniaux de son pays à l’égard des Algériens. Sa déclaration n’était pas conjoncturelle mais bien réfléchie, bien qu’il ait atténué quelque peu le ton pour des raisons électoralistes».

Par ailleurs, Nehmé n’est pas de l’avis de ceux qui estiment que la France ne fait que jeter de la poudre aux yeux des autorités algériennes, tandis qu’elle concentre ses investissements au Maroc, dont le projet de Renault, au moment où les négociations en faveur d’implantation d’une usine Peugeot en Algérie n’aient pas abouti. Ce qui n’a pas laissé indifférent le premier ministre, Abdelmalek Sellal qui s’est plaint de l’inexistence d’investissements français en Algérie durant les trois dernières années.

En effet, notre interlocuteur soutient que «l’Algérie est le plus grand marché en termes d’investissements étrangers, y compris français, tandis que ceux lancés au Maroc ne sont qu’une sorte d’aide. En plus, l’Algérie n’a pas besoin d’investissements français dans la mesure où il y a d’autres grands pays, à l’image de la Chine».

Pour ce qui est de la question sahraouie, dont la France a pris parti en faveur du Maroc, Nehmé a affirmé que cette position n’a donné lieu à aucune avancée considérable sur le terrain pour Paris.

Par ailleurs, il a tenu à rappeler que «Hollande a indiqué que le dossier du Sahara occidental était entre les mains des Nations unies. Certes, la France soutient le Maroc et protège sa politique coloniale mais ne reconnait pas l’annexion du Sahara occidental. En outre, la France se soumettra  à la résolution de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) qui stipule que le Maroc et le Sahara occidental sont deux territoires distincts. Vu cette décision, les sociétés françaises respectables ne devraient pas  s’engager à investir dans ces territoires, ce qui signifie que le Maroc financera sa politique coloniale de ses propres ressources financières».

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