Smaïl Chergui: 60 millions d’armes circulent en Libye

date 2017/05/18 views 435 comments 0
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icon-writer Abdessalam Sekia / version française: Moussa. K.

Le Commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine (UA), Smaïl Chergui a dit que l’accord de Skhirat signé pour mettre fin à la crise en Libye avait «été imposé aux Libyens» ce qui avait entravé son application sur le terrain, indiquant aussi que 60 millions de pièces d’armes circulent en Libye.

Smaïl Chergui a souligné également que des groupes terroristes disposaient des armes ultra- développées et devenaient ainsi aussi forts que des armées régulières.

Le diplomate algérien a décrypté la situation sécuritaire dans le continent africain à travers une conférence de presse suivie d’un débat qu’il a donnée mercredi au Conseil de la nation sous le thème «La paix et la sécurité en Afrique».

S’agissant de la Libye, Chergui a estimé qu’ «il y a trop d’interventions étrangères. Il y a encore 60 millions d’armes, et nous voyons aujourd’hui des armes qui pénètrent dans ce pays, des armes développées. Plus la contrebande d’armes s’accroît, plus nos fardeaux augmentent et les groupes terroristes deviennent plus forts que des armées régulières».

L’orateur s’est montré plutôt «insatisfait» de l’accord politique signé en décembre 2015 à Skhirat au Maroc, rappelant que l’accord « avait été imposé aux Libyens, ce qui a entravé son application sur le terrain ».

Par ailleurs, il a indiqué qu’il y ait beaucoup d’ingérences étrangères dans ce pays. Interrogé sur l’implication des Emirats arabes unis (EAU) dans le dossier libyen, Chergui dira: « Les EAU ne sont pas les seuls. Comme vous le voyez, tous les pays européens ont des envoyés spéciaux en Libye», avant d’appeler à donner de la chance aux Libyens afin de conduire à eux-seuls la locomotive.

En outre, il a défendu le rôle de l’Union africaine (UA) dans le règlement de la crise libyenne. A ce propos, il a dit que l’intervention de plusieurs parties avait pour objet de protéger des intérêts personnels dans la voisine sud et non pas pour le bien des Libyens.

Il a également fait savoir qu’une commission ministérielle sera dépêchée dans ce pays pour affirmer que la crise libyenne est « un problème africain », ajoutant avoir aperçu des éléments de Daech fuir  l’Irak et la Syrie pour la Somalie et le Yémen.

Quant à l’adhésion du Maroc à l’Union africaine, dont Rabat insiste sur la non-reconnaissance du Sahara occidental, le commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union a opté pour des réponses diplomatiques. « Nous souhaitons que l’adhésion du Maroc au sein de l’UA permette aux Marocains et Sahraouis de s’asseoir côte à côte et qu’elle apporte une solution à des années de souffrance et de peine endurées par les Sahraouis», souligne-t-il sans pour autant oublier de rappeler l’incident provoqué par le Maroc ayant empêché la tenue du sommet des ministres des finances africains et des Nations unies prévu au Sénégal.

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