Rencontre "chaude" entre Messahel et Chokri!

date 2017/06/05 views 1571 comments 1
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icon-writer Mohamed Meslem / version française: Moussa. K.

La rencontre qui réunira lundi à Alger les pays voisins de la Libye semble d’ores et déjà condamnée à l’échec en raison des raids menés par l’aviation égyptienne contre des positions de terroristes en Libye, en réaction à l’attaque terroriste qui a ciblé le bus des coptes à Menia en Égypte.

Prendront part à cette rencontre qui s’annonce chaude le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel et ses homologues égyptien et tunisien, à savoir Sameh Chokri et Khemaies Jhinaoui.

Elle intervient dans un contexte marqué par la position de l’Algérie, dont les officiels n’auraient pas admis les frappes menées par l’Égypte sur les territoires libyens.

En vérité, ce sera une occasion pour l’Algérie de connaître les motivations ayant poussé les autorités égyptiennes à agir de la sorte et de mettre en garde contre les répercussions de leur démarche non seulement en Libye, mais dans toute la région de l’Afrique du Nord, du Sahel et du Sahara, d’autant plus que les conséquences d’intervention étrangère soient souvent catastrophiques.

De son côté, l’Égypte a expliqué, par le biais du porte-parole de son institution militaire,  le colonel Tamer al-Rifai, avoir visé les camps d’entraînement des terroristes.

Un argument qui n’aurait visiblement pas convaincu les officiels algériens qui estiment que cette démarche était plutôt une tentative de prendre parti au détriment d’un autre, ce qui compliquerait, de l’avis des sources diplomatiques algériennes,  davantage la crise plus qu’il ne la résout.

Ces frappes ont visiblement mis les autorités algériennes -liées par d’excellentes relations avec les différents acteurs libyens- dans l’embarras surtout que Fayez Al-Sarraj, chef du Gouvernement d’entente nationale en Libye aurait sollicité l’intervention d’Alger auprès d’Égypte pour arrêter les frappes.  

Des observateurs trouvent que l’intervention militaire égyptienne ait pour objectif essentiel d’appuyer le maréchal Khalifa Haftar contre ses opposants politiques et militaires. C’est l’approche prônée d’ailleurs par l’agence de presse Reuters, estimant que l’intervention était antérieure à l’attentat terroriste ayant visé un bus des coptes égyptiens.

De ce fait, il ne serait pas exclu de voir le nouveau chef de la diplomatie algérienne adresser des « signaux » à l’endroit de son hôte égyptiens quant aux risques de l’intervention militaire pour l’avenir du dialogue politique libyen parrainé par les pays de la région, l’ONU et l’Union européenne (UE).

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