Hamrouche dresse un tableau accablant du système – الشروق أونلاين
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Mouloud Hamrouche

Dans une contribution, rendue publique et publiée, ce lundi 15 avril 2019 au journal El Watan, l’ancien chef de gouvernement Mouloud Hamrouche a évoqué des impasses, des menaces et d’issues à la crise qui prévaut dans le pays.
D’emblée, le chef de file des réformistes n’a pas tari d’éloges et salué le mouvement populaire, notamment la marche du 22 février qui “a brisé le mur de la peur et mis un terme à la résignation”.
Pour Hamrouche, il s’agit d’”une révolte pacifique et austère contre le système”, due à tant d’accumulations, entre autres “des décennies de blocages, de manque flagrant de progrès politique et social et de refus d’accès au statut de citoyen par une gouvernance des plus absurdes et des plus figées”.
Par ailleurs, il est revenu sur “une gouvernance qui a fabriqué et installé des réseaux d’obédience et d’allégeance qui disputent aux Algériens leur sécurité, leurs droits et leurs libertés au quotidien et empêche l’édification de l’Etat national de droit”.
De l’avis de Hamrouche, “des gouvernants successifs se sont contentés de se maintenir au sommet de la pyramide et exercer des pouvoirs faits de brutalités, de violations des lois et des droits, et la transgression des règles élémentaires de l’éthique”, ajoutant que ces derniers ont laissé s’ériger ” la prébende, le passe-droit et la répression comme seuls instruments de gestion du pays et de contrôle de la société dans toutes leurs dimensions et leurs composantes”.
“Par le hirak, les Algériens ont exprimé un refus sans ambiguïté de ce système de cooptation, de non-droit, de corruption et de brutalité”, soutient-il.
En outre, Hamrouche a insisté à ce que tant l’armée que les partis politiques jouent leur rôle, estimant d’ailleurs que “ce mouvement a mis à nu des ambiguïtés graves et offert dans le même temps à l’armée et aux partis des possibilités certaines”.
Sur ce, il a mis l’accent sur les aspirations du peuple qui, à ses yeux, attend de l’institution militaire et des partis “des perspectives prometteuses avant qu’il ne s’estompe ou sombre dans des violences primaires”.
Hamrouche insiste à ce que l’armée et les élites s’impliquent pour que les manifs aboutissent à des objectifs escomptés et que les revendications du peuple soient satisfaites. “Cela reste de la responsabilité et du devoir de l’armée et de toutes les élites nationales !”, a-t-il dit sans ambages.
L’ancien chef de gouvernement a également critiqué “un multipartisme de façade et de connivence qui ne structure jamais un débat national ni un ordonnancement des rapports sociaux et politiques, ne permet pas non plus de gouverner et d’obtenir adhésions et soutiens réels, n’améliore en rien le fonctionnement de la gouvernance, ne renforce ni la place de l’opposition ni offre d’alternatives et ne fait que se nourrir de fiction électorale, organique et organisationnelle”.
Pour lui, “il serait exagéré de croire que la démission de Bouteflika, la désignation du chef de l’Etat intérimaire, l’organisation d’une présidentielle vont colmater toutes les failles, faire disparaître tous les griefs, soigner tous les stigmates et concrétiser toutes les espérances. Cela risque de nous faire perdre de vue des leçons précieuses de l’histoire de notre jeune gouvernance à l’algérienne qui nous a conduit là où nous sommes aujourd’hui et nous faire oublier de ruineux gaspillages, en temps, en ressources humaines et financières”.
Sur l’Armée
“Par son ampleur unitaire, le mouvement a évité à l’armée d’intervenir et de garder sa cohésion intacte. Ensuite avec l’évolution de la situation au sein du sérail, l’armée a pris naturellement et formellement position avec le peuple”, a-t-il estimé, ajoutant que cela lui (institution militaire) ” permet de ne pas être en contradiction avec son statut d’armée nationale et de ne pas être une cible fragile à détruire par d’autres puissances étatiques étrangères, particulièrement méditerranéennes ou de l’OTAN, à l’instar de celles de l’Irak, de la Libye et de la Syrie”.
” Il faut considérer que le commandement en rejoignant le peuple dans ses revendications légitimes a su sauvegarder le statut national de l’armée. Il lui reste à contribuer au parachèvement de l’édification de l’Etat national par la mise en place d’une Constitution et d’institutions de vrais pouvoirs d’autorisations, de régulations, d’habilitations et de contrôles. Cela mettra l’armée définitivement à l’abri des conflits politiques partisans, permettra de servir de base politique au gouvernement ou d’être un outil entre les mains d’un omnipotent”, insiste l’ancien chef de gouvernement.
Pour une élection transparente
Pour aller vers des élections transparentes et éviter “les habitudes et les pratiques de fraude enracinées qui constituent le soubassement du système algérien”, Mouloud Hamrouche estime qu’”il faut trouver les voies et moyens pour rétablir la norme légale et instaurer la vérification et le contrôle”, car “une opération électorale, par exemple, ne débouchera pas sur des garanties de fidélité ni d’efficacité, tant que la norme légale de vérification et de contrôle n’oblige pas au respect des engagements avec l’aide de vrais contre-pouvoirs et de vraies voies de recours”.
“La question n’est pas de savoir qui détient aujourd’hui plus de capacité, suffisamment d’intelligibilité et de ressort pour sauver le pays et son armée, mais comment contribuer à canaliser cette vitalité et ce génie d’un peuple puissant par sa jeunesse et par son émigration, en Europe et par le monde, qui tient à faire aboutir son projet «Algérie» !”, a-t-il conclu.

Armée Hirak Mouloud Hamrouche

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