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Ahmed Ouyahia et Abdelaziz Ziari

L’ancien député FLN, Moussa Abdi, dont le nom est associé au projet de loi incriminant le colonialisme, est revenu lors du forum de Echorouk sur les motifs de ce projet de loi, son enterrement et les députés et chefs de groupes parlementaires ayant refusé d’y adhérer.

Moussa Abdi a affirmé que la motivation principale derrière ce projet était de répliquer au parlement français, qui a adopté le 23 février 2005 la loi glorifiant le colonialisme, ainsi que la dénonciation de ladite loi par l’Organisation Nationale des Moudjahidine (ONM), les partis nationalistes et islamiques ainsi que la révélation par feu Lakhdar Bensaïd des noms de députés “fils de harkis”.

Abdi a dit avoir informé tous les groupes parlementaires de ce projet. Toutefois, le président du groupe parlementaire RND, le défunt Miloud Chorfi avait refusé bien qu’il soit rapproché à deux reprises.

Ce dernier avait justifié son refus, selon notre interlocuteur, par le fait d’avoir “reçu des instructions du secrétaire général du parti, Ahmed Ouyahia portant refus dudit projet”. Idem pour Layachi Daadoua du FLN qui a lui-aussi refusé de signer en faveur du projet.

“Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT) et cheffe du groupe parlementaire de son parti a également refusé de signer tout comme tous les députés de sa formation ainsi que ceux du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD)”, a-t-il révélé.

Interrogé sur l’attitude du président d’APN de l’époque, Abdelaziz Ziari, l’initiateur dira: “Ziari s’est constitué comme obstacle anticonstitutionnel pour bloquer le projet”, précisant que “ce dernier rejette le projet dès qu’il soit transmis dans son bureau en jouant la carte de prérogatives”.

L’interlocuteur a affirmé que le projet portant incrimination du colonialisme était victime de vide constitutionnel, ce qui n’a pas permis aux initiateurs de saisir le conseil constitutionnel après le refus du projet de la sorte.

Abondant dans le même sens, Mohamed Douibi, invité du forum de Echorouk, est revenu sur “l’avortement du projet par le président d’APN”. “Le Parlement accomplissait une tâche administrative et non politique en raison des butins que le pouvoir accorde à un certain nombre de députés”, a-t-il soutenu.

Et Douibi de renchérir: “Le bureau d’APN était soumis au pouvoir exécutif. Le projet a été tué à cause des avantages et des privilèges que proposait le gouvernement”.

Par ailleurs, Abdi a indiqué qu’il y avait eu deux tentatives de relancer le projet. Une première fois lors de la tenue d’une conférence autour de l’incrimination du colonialisme à laquelle ont pris part des partis politiques, à l’image du FLN et du MSP en l’absence du Sg du RND, Ahmed Ouyahia. Et la seconde fois à l’occasion du vote du comité central du FLN à l’unanimité, en 2010,  en faveur de l’adoption du projet.

Des ambassadeurs étrangers en Algérie se plaignent du favoritisme accordé exclusivement à la France

L’ancien député du Mouvement Ennahda, Mohamed Douibi a évoqué les motifs les poussant à proposer ce projet, insistant sur la nécessité de procéder à une rupture avec la France.

Pour lui, ce projet de loi aurait d’impact sur trois volets, entre autres économique, culturel et éducatif, estimant que la France tirait profit de 70% des revenus de l’Algérie, ce qui nécessite, à ses yeux, de reconsidérer les relations entre l’Algérie et la France.

Hadibi a souligné que des ambassadeurs de certains pays en Algérie se seraient plaints du favoritisme accordé à la France. “Les ambassadeurs d’Allemagne, de la Russie et du Japon sont indignés de l’interférence du lobby français qui revoit les marchés attribués à des sociétés de leurs pays respectifs”.

Sarkozy a averti le gouvernement Ouyahia quant à ce projet de loi

Hadibi a souligné que Abdelaziz Ziari coordonnait avec Ouyahia pour enterrer ce projet de loi, révélant que “Ziari avait dépêché le conseiller d’Ouyahia pour débattre de ce sujet avec lui”.

 Et l’ancien député du Mouvement Ennahda de relater : “Monsieur Hadibi, ne te considère surtout pas plus nationaliste que nous. Nous ne sommes pas contre ce projet de loi ni toi, ni moi. Ne considère pas que Ouyahia est défavorable à ce projet”.

“Le conseiller d’Ouyahia m’a également dit que lors de la visite du secrétaire général de la présidence française, visiblement Claude Guéant, il a été reçu par Ouyahia, en tant que chef de gouvernement et que les deux hommes se sont entretenus essentiellement sur le projet de loi incriminant le colonialisme”,  a fait savoir Hadibi.

Ce dernier a ajouté, citant le conseiller d’Ouyahia: “le secrétaire général du Palais de l’Elysée a dit clairement à Ouyahia: Libres à vous d’adopter n’importe quelle loi dans votre pays et nous ne nous ingérons pas dans vos affaires intérieures. Toutefois, ce projet de loi devrait avoir de nombreuses répercussions sur la France tant à l’interne qu’à l’externe et que les autorités françaises ne comptent pas se taire. Le même responsable français avait menacé de divulguer l’archive algérienne détenue à Paris avant de rentrer dans son pays”.

Abdeslam Sekia / Mohamed Meslem / Traduit par: Moussa. K.

Loi incriminant le colonialisme Moussa Abdi Ouyahia

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