الجزائر

Benabbou: “Bouteflika continue de gérer jusqu’à la désignation d’un intérimaire”

الشروق أونلاين
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D.R
Fatiha Benabou

La juriste et spécialiste en droit constitutionnel, Fatiha Benabou a indiqué lors d’une interview accordée, mercredi 3 avril 2019, au site d’information Tout Sur l’Algérie (TSA) que le président sortant, Abdelaziz Bouteflika peut prendre des décisions jusqu’à la désignation d’un intérimaire.
“Bouteflika est démissionnaire mais il peut garder ses compétences…”, a expliqué la juriste, ajoutant que “le président peut toujours exercer ses fonctions jusqu’à la désignation de l’intérimaire, en l’occurrence le président du Conseil de la nation”.
A la question de savoir si Bouteflika peut prendre des décisions, bien qu’il ait déposé sa démission le 2 avril, Benabou dira: “Oui. C’est un Etat, ce n’est pas une république bananière. Il y a des décisions importantes, il y a des contrats importants, le pays doit fonctionner”.
“On ne peut pas démissionner comme ça, c’est un pays”, a-t-elle insisté, rappelant que “l’ancien président Liamine Zeroual a été obligé d’attendre huit (8) mois pour démissionner”.
“On ne peut pas tout chambouler au risque de se retrouver dans un Etat de fragilité…”, a-t-elle indiqué.
Pour la durée de la vacance du poste de président de la République, elle explique : “Généralement, pour la vacance c’est dix (10) jours)”.
“S’ils ne prennent pas la décision maintenant et que le président de la République en arrive à la démission et qu’on arrive à désigner le président du Conseil de la nation, dans ce cas là on ne peut plus le changer”, a-t-elle dit, ajoutant que : “Si ce dernier (Bensalah) refuse d’assurer l’intérim et après une constatation de vacance, ce sera le président du Conseil constitutionnel qui sera désigné (intérimaire de 2e degré)”.
“Et si le président du Conseil constitutionnel refuse lui-aussi d’assurer l’intérim, on va se retrouver devant un vide comme en 1992”, a-t-elle indiqué.
“Quant à l’article 7 de la Constitution, il prévoit que le peuple en souveraineté et en puissance est toujours là pour essayer de dénouer la situation”, a-t-elle fait savoir.
“L’article 7 de la Constitution est à mon sens, une révolution contre la Constitution. C’est-à-dire, lorsque le peuple décide de recouvrer sa souveraineté, il devient la puissance souveraine”, a expliqué la juriste, qui ajoute que : “L’article 7 peut pulvériser la Constitution”.

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