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Derradji: “Les battements de mon cœur ont failli s'arrêter”

الشروق أونلاين
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Le célèbre commentateur algérien de Al-Jazeera sport, Hafid Derradji a révélé dans cet entretien qu’il nous a accordé comment il a vécu le match retour des barrages qualificatifs au Mondial 2014 face au Burkina Faso, notamment les derniers moments de la partie.

Echorouk: Comment avez-vous vécu le match Algérie-Burkina Faso, notamment dans les dernières minutes ?

Les dernières minutes de ce match étaient les plus longues de ma vie de commentateur, non seulement parce que je crains la défaite ou j’aime la victoire, mais aussi de la responsabilité qu’on m’incombe lorsque je commente les matches de l’équipe de mon pays, dont je m’efforce de trouver les mots et les expressions en cas d’élimination pour atténuer son impact sur le public algérien amoureux aussi bien de la sélection et du l’Algérie.

Echorouk: A la fin de la première mi-temps sur le score de 0 partout, n’as-tu pas souhaité ne pas commenter le match ?

Pas du tout…j’ai été toujours au côté de l’équipe nationale et de l’Algérie tant dans les moments de joie que des moments de tristesse. Tout ce qui compte pour moi lorsque je commente les matches de mon pays, c’est de remonter le moral des téléspectateurs et de souhaiter que du bien.

Echorouk: As-tu déjà imaginé que la partie allait s’achever sur le score de 1 à 0 en faveur des Verts ?

Oui, j’ai pressenti une victoire des Verts et je l’ai déjà dit lors d’un rencontre avec “Echorouk TV”. D’ailleurs, à la 40e minute j’ai dit que le match s’achèverait sur le score de 1 à 0, vu la tactique de jeu des Burkinabè qui jouaient en bloc et la forte pression qu’ont subie les Verts…Au final, c’était l’Algérie qui a pris le meilleur avec un seul but si précieux dans un match décisif, où le résultat prime sur le spectacle.

Echorouk: Qu’avais-tu oublié de dire lors de ce match après cette qualification ?

La chose que j’ai tant envie de dire en commentant ce match sans autant parvenir, c’était de ne pas pouvoir définir le but de la qualification au Mondial en Tamazight, en tant qu’Amazighs que nous sommes. J’ai commenté le but en arabe, en français, en anglais et en chinois…Ö si j’ai pu commenter ce but en langue Amazigh et en direct. 

Echorouk: Ne penses-tu pas qu’il était plus difficile de commenter le match Algérie-Burkina Faso que celui qui a opposé l’EN à l’Egypte à Omdourman ?

Effectivement, c’était plus difficile car lors du match d’appui à Omdourman, les Verts ont inscrit le but en première période, quant à Blida, le but que nous avons inscrit aurait été insuffisant si nous avions pris un but égalisateur, synonyme d’une élimination directe. De plus, nous avions joué la plus mauvaise mi-temps sous la houlette de Vahid Halilhodzic. Heureusement,les choses ont changé en 2nd-half, dont les joueurs étaient plutôt omniprésents tant sur le plan individuel que collectif. Le plus difficile dans ce match, était de penser à ce public et la déception et le lot de chagrin qu’aurait entraîné une disqualification, d’autant qu’il n’y a que le football qui lui procure de la joie.  

Echorouk: Quel match de l’EN aimerais-tu commenter en Coupe du monde ?

Je souhaite commenter le match Algérie-France, et en cas de victoire des Verts j’aurais beaucoup de choses à dire.

Echorouk: La façon avec laquelle tu commentes était particulière au point où les Algériens ont appris et n’oublient pas les expressions que tu emploies… tu cries parfois comme d’autres supporters dont t’as même lancé dernièrement “Ya Yemma” (Ô mère!)… que signifie-t-elle pour toi ?

Par moments, j’oublie que je suis commentateur. D’un temps à l’autre, je me rappelle que je ne m’adresse pas uniquement au public algérien car j’ai un public qui ne le concerne peut être en rien la qualification des Verts en Coupe du monde. Crois-moi, je ne sais même pas que j’ai employé ces termes que ne comprennent la signification que les Algériens  à l’image de: ” Ya yemma”.

Echorouk: Certains estiment que ton commentaire fait élever le taux de glucose dans le sang. Qu’en penses-tu ?

Oui, j’avoue! C’est ça Hafid Derradji, et c’est pourquoi que je vous dise qu’il est préférable pour ceux et celles qui ne peuvent pas nous suivre de changer de chaîne. Certains ignorent combien j’ai souffert le jour J au point où je n’ai pu dormir qu’après avoir consulté un médecin. Les battements de mon cœur ont failli s’arrêter avant même la fin de la partie.

Echorouk: Comment imagines-tu le parcours des Verts en Coupe du monde ?

Je suis très optimiste quant à une participation honorable au Mondial brésilien, car nous avons un effectif riche, y compris sur le banc des remplaçants et un coach qui sait ce qu’il fait. Au Brésil, nous allons pratiquer un meilleur football, dont les amoureux de la balle ronde seront réjouis. Je suis très optimiste de voir notre sélection qualifiée au 2e tour pour la première fois de son histoire.

Echorouk: Les termes que vous employiez sont-ils écrits préalablement ou viennent-ils spontanément ?

De ma vie, je n’ai écrit des termes utilisés dans mes commentaires, à l’exception des informations liées aux compositions des équipes, aux clubs ainsi qu’aux numéros des joueurs. La seule chose que j’ai apprise à l’occasion du match Algérie-Burkina Faso était de dire “but” en chinois, en japonais, en turc et en allemand car j’ai voulu que tout le monde sache que nous avons marqué un but. En outre, j’ai voulu me démarquer des autres commentateurs.

Echorouk: Un dernier mot pour les fans de Derradji ?

Je remercie le public algérien et arabe d’avoir soutenu notre équipe nationale et pour les encouragements qu’ils m’ont envoyés avant et après le match, dont bon nombre SMS m’étaient parvenus des fans, admirateurs qui ont vécu le match avec toutes les fibres de leurs âmes. J’ai exprimé à leur place leurs émotions avec fidélité et spontanéité. Amour pour la partie et non pas uniquement pour la sélection, car nous sommes un peuple qui n’aime pas son pays que lorsque l’EN gagne mais il l’aime avec fidélité et sincérité en temps de joie comme en temps de tristesse.     

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