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Drid: « Le ministre a ordonné Saâdane à limoger Fergani pour avoir défendu les joueurs »

الشروق أونلاين
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L'ex-gardien de la sélection nationale, Nasreddine Drid.

L’ancien gardien de l’équipe nationale algérienne, Drid Nasreddine, a affirmé dans cet entretien qu’il nous a accordé que la sélection nationale au Mondial 1986 au Mexique était plus forte que celle qui a pris part au Mondial Espagnol en 1982 et dit que l’EN aurait pu atteindre les demi-finales n’étaient les problèmes qui les ont entravés ainsi que l’absence de dirigeants de renommé.

Quand est-ce que vous avez rejoint la sélection nationale?

Avant de rejoindre l’équipe nationale, j’étais dans la sélection nationale militaire que j’ai rejointe en avril 1982 et pris part à un tournoi organisé en Chine. A la fin du Mondial 1982, le staff technique de la sélection nationale a été changé après le départ du sélectionneur, Mahieddine Khalef, remplacé par Abdelhamid Zouba. Ce dernier a décidé du coup de procéder à un remaniement en convoquant en sélection des nouveaux joueurs, dont Nasser Bouiche, Djefdjaf et moi. C’est là qu’a commencé mon histoire avec l’EN, dont le premier match que j’ai joué sous le maillot des Verts était face à la Tunisie.

Quelle est votre évaluation de la participation de l’équipe nationale au Mondial 1986?

Tout d’abord, il faut affirmer que la sélection de 1986 était plus forte que celle de 1982 en alliant l’expérience et la technicité des joueurs, laquelle aurait pu se qualifier aux ¼ de finale, voire au ½ finale, mais malheureusement elle n’a pas pu montrer son meilleur visage en raison de lot de problèmes qui les a entravés avant et pendant le Mondial.

Quelle est la nature de ces problèmes?

Les problèmes étaient en premier lieu d’ordre financier, dont les professionnels de l’époque ont exigé des responsables de régulariser la question des primes et bénéficier de l’argent accordé par le « sponsor ». Je me souviens que ce problème a été réglé dans les 48 heures précédant notre départ au Mexique, après une réception du staff et des joueurs par l’ancien secrétaire général du FLN, le défunt Mohamed Cherif Messaadia. Cependant, il s’était avéré que le problème n’a pas été réglé notamment après que le roi de l’Arabie saoudite, Fahd Ben Abdelaziz avait décidé d’offrir aux équipes arabes participantes au Mondial, à savoir l’Algérie, le Maroc et l’Irak,  un chèque de 10.000 dollars chacune. Cependant, le président de la FAF  de l’époque, Mekirache, installé à la tête de l’instance fédérale à la veille de notre déplacement, a dit que cet argent appartient au ministère de la Jeunesse et des sports.

Quelle a été la réaction des joueurs alors?

Cette question a suscité la colère des joueurs, notamment les professionnels  qui ont décidé de bouder le 3e match face à l’Espagne, après un télex qui nous a été parvenu du ministre de la Jeunesse et des sports, Kamel Bouchama, fixant les dépenses quotidiennes des joueurs durant uniquement le 1er tour.

En effet, nous étions trois ou quatre joueurs locaux, si je ma mémoire me trompe pas, à avoir refusé de bouder le match de crainte de sanctions à notre retour en Algérie, à l’époque du parti unique et face aux différends houleux précédant le match contre l’Espagne.

Beaucoup de choses ont été dites lors de ce match. Est-ce vrai l’Algérie avait refusé d’arranger le match face à l’Espagne?

Sur ce point, il y a une chose que la presse n’a pas citée, c’est que les Mexicains ont voulu nous apporter leur soutien  pour nous qualifier à tout prix, et ce en guise de reconnaissance de l’assistance que lui a accordée l’Algérie lors du séisme qui a frappé le pays peu avant le Mondial. En effet, le Mexique a organisé une réception en l’honneur des sélections brésilienne, algérienne et espagnole, sans autant inviter celle d’Irlande, avec la pure intention d’arranger le 3e match face à l’Espagne, dont un point nous aurait suffi pour se qualifier au second tour. Mais, ni le président de la FAF, Mekirache ni les responsables algériens n’ont répondu présents à cette cérémonie. Par conséquent, l’équipe d’Espagne a décidé de se donner à fond lors de ce match en guise de revanche à ce geste.

Quelle a été la relation entre Saâdane et les joueurs?

Elle a été meilleure avec les locaux, mais très mauvaise avec les professionnels, qui mettent la pression sur le coach, dont certains lui ont même imposé de les incorporer au 3e match, dont le coach a cédé à leur pression. 

Pouvez-vous les nommer?

Il y avait par exemple, Harkouk qui jouait au championnat d’Angleterre et Noureddine Koreichi qui ont contesté contre leur non-incorporation face au Brésil.

Est-ce vrai, Saâdane a été derrière l’éloignement de Fergani de l’équipe nationale?

Le coach Rabah Saâdani avait juste obéi aux ordres de l’ex-ministre, Bouchama qui lui a exigé d’écarter Ali Fergani, après la Coupe d’Afrique des Nations organisée en Égypte, et ce pour avoir défendu, en sa qualité de capitaine d’équipe, les joueurs. 

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