France: 10 000 sans-papiers seront régularisés!
A la faveur de l’adoption de la très controversée loi-immigration, quelque 10 000 personnes en situation irrégulière en France pourraient bénéficier d’une régularisation. C’est ce qu’a déclaré le ministre français du Travail Olivier Dussopt.
Il s’agissait de l’un des points les plus débattus du projet de loi immigration porté par le Gouvernement Borne. Qualifiée de « ligne rouge » par Les Républicains, la régularisation des travailleurs étrangers dans les métiers en tension fait bel et bien partie du texte qui a été voté à l’Assemblée nationale le 19 décembre dernier. Si la loi doit encore passer l’épreuve du Conseil constitutionnel d’ici la fin du mois de janvier, le volet « métiers en tension » ne devrait, lui, pas être retoqué.
Interrogé au micro d’Europe 1 sur cette mesure, le ministre du Travail Olivier Dussopt estime à 10 000 le nombre de sans-papiers qui pourraient bénéficier chaque année d’une régularisation, selon le JDD. « Nous avons dans notre pays des personnes qui sont en situation irrégulière, c’est-à-dire qui n’ont pas de titre de séjour, qui n’ont normalement pas le droit d’être là, mais qui travaillent légalement », a-t-il souligné, rappelant qu’il ne s’agit ni de « travail clandestin », ni de « travail au noir ».
Des profils bien spécifiques
« Nous avons besoin de cette main-d’œuvre », a insisté Olivier Dussopt, qui estime que ces régularisation permettraient « d’apporter de la sécurité aux employeurs parce que, souvent, les employeurs concernés ne savent pas que leurs travailleurs sont en situation irrégulière ». En effet, selon le ministre, les sans-papiers concernés sont « très souvent des personnes qui ont signé leur contrat de travail à un moment où elles avaient un titre de séjour, et dont le titre de séjour n’a pas été renouvelé ».
Un texte de loi a déjà été adopté en 2012, permettant à une préfecture de délivrer un titre de séjour à un sans-papiers qui a déjà un travail ou une promesse d’embauche. Dans le cadre de cette « circulaire Valls », 7 000 étrangers en situation irrégulière étaient jusqu’alors régularisés chaque année pour des motifs de travail, selon un document du ministère de l’Intérieur daté de 2022.