France: Accuser de “proximité avec les Frères Musulmans” porte atteinte à l’honneur, selon la Justice
En France, depuis plusieurs années, rares sont les personnalités musulmanes à avoir échappé à des accusations de proximité avec les Frères musulmans, dont l’Organisation est criminalisée par la sphère politico-médiatique.
Des politologues, des journalistes, des chercheurs, des écrivains, des avocats et même des footballeurs à l’image de Karim Benzema, se sont vus attribuer une proximité avec la Confrérie, fondée en Egypte en 1928, alors même qu’elle n’a rien d’illégal.
C’est donc en dépit de toute réalité, que cette accusation est utilisée pour disqualifier la majeure partie des figures musulmanes Françaises et ainsi minorer la légitimité de leur discours et l’impact de leur parole publique.
Mais au-delà de l’impact moral, plusieurs d’entre elles ont eu à payer le prix de ces allégations, en voyant leurs vies professionnelles impactées et des associations ont régulièrement à s’en justifier devant les autorités, à défaut de quoi, certains de leurs projets sont empêchés.
C’est le cas de l’association Valeurs et Réussites, basée à Valence, et qui a réussi à faire condamner le journal satirique Charlie Hebdo en diffamation pour l’avoir qualifiée de proche des Frères musulmans, dans un article publié en juillet 2022.
Consultée par Anadolu, la décision complète contenant le détail des arguments déployés par la justice, a été communiquée vendredi par le tribunal correctionnel de Valence, au dirigeant de l’association, Mourad Jabri, et reconnaît des éléments inédits en la matière.
Le jugement rendu relève, en effet, que « s’il est vrai que l’appellation [Frères musulmans] fait référence à une organisation qui n’est pas considérée comme terroriste et interdite en France, le contexte politique actuel national et international l’associe à un islam radical moralement condamnable et que, dès lors, l’usage de ce terme est de nature à porter atteinte à l’honneur, à la réputation et à la considération sociale de la personne offensée ».
La justice considère ainsi que « ce terme est bien paré dans l’esprit commun d’une forte charge de réprobation; comme le prouve, du reste, les déferlements de haine sur les réseaux sociaux que cet article a suscité à l’encontre de l’association Valeurs et Réussites ».