François Bayrou n’entrera pas au gouvernement Attal
Pressenti pour retrouver un portefeuille ministériel après sa relaxe dans l’affaire des assistants des parlementaires européens, lundi, François Bayrou a annoncé mercredi 7 février à l’Agence France-Presse (AFP) qu’il « n’entrera pas au gouvernement » faute « d’accord profond sur la politique à suivre ».
La nomination de la deuxième moitié du gouvernement du premier ministre, Gabriel Attal, qui doit permettre de suppléer des ministres aux fonctions très larges, est attendue depuis plusieurs jours. Mais son annonce est sans cesse repoussée. Attal a d’ailleurs renoncé à réunir sa nouvelle équipe au complet jeudi matin pour un séminaire à Matignon, selon plusieurs sources gouvernementales auprès de l’AFP.
Depuis la décision de justice lundi, Bayrou n’avait pas masqué son envie de rentrer au gouvernement – son nom circulait pour l’éducation nationale à la place d’Amélie Oudéa-Castéra. « Il y a beaucoup de manières de servir, je n’en ai éliminé aucune et choisi aucune », avançait-il mardi matin sur BFM-TV.
Dans sa déclaration à l’AFP, Bayrou assure qu’il « y avait deux domaines qui [lui] paraissaient mériter un engagement plein : le ministère de l’éducation nationale » et « le gouffre qui s’est creusé entre la province et Paris », selon Le Monde. « Nous n’avons pas pu trouver un accord sur ces deux points », a résumé le maire de Pau, qui dit avoir par ailleurs décliné le ministère des armées. Le MoDem compte actuellement un portefeuille ministériel avec Marc Fesneau à l’agriculture. Le président de la formation centriste, dont le groupe à l’Assemblée nationale appartient à la coalition présidentielle avec Renaissance et Horizons, avait été reçu une heure par le président de la République lundi et avait déjeuné pendant plus de deux heures avec Gabriel Attal mardi.
Une différence d’approche « rédhibitoire »
Au sujet du ministère occupé actuellement par Mme Oudéa-Castera, M. Bayrou estime qu’il « connaît aujourd’hui une crise qui vient de loin et que je croyais que l’on pouvait corriger, mais de nombreuses discussions m’ont fait conclure à une différence d’approche sur la méthode à suivre qui me paraît rédhibitoire ».
« Une majorité de plus en plus relative ! Bienvenue au MoDem dans l’opposition », a ironisé mercredi soir sur son compte X le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud.