الجزائر

Khaled Nezzar charge Saïd Bouteflika

الشروق أونلاين
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ح.م
خالد نزار

Dans une lettre publiée par le site d’information “Algériepatriotique” l’ancien ministre de la Défense nationale, Khaled Nezzar est revenu sur nombre de questions d’actualité, entre autres le Hirak, les agissements de Saïd Bouteflika et l’affaire Chakib Khelil.

Opposition à la gouvernance de Bouteflika

Parlant de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika, Nezzar dira : “J’ai été le premier à dénoncer sa gouvernance
Dans son livre écrit en 2003 et qui sera réédité dans les deux langues (arabe et français), il dit avoir fustigé ” le régionalisme, la corruption, la folie des grandeurs, la vassalisation de toutes les institutions du pays, l’achat des consciences par cet homme (Bouteflika) qu’un accident de l’histoire a placé dans la proximité de feu le président Boumediene et qui a abusé de la bonne foi de ceux qui ont placé en lui leur confiance en 1999″.
Par ailleurs, il a dressé un tableau noir de 20 ans de règne de Bouteflika ayant fragilisé le pays. ” Le résultat de vingt années de faits accomplis et de passé-outre à toutes les règles de bonne gestion, d’aveuglement, d’irresponsabilité et d’addiction maladive au pouvoir a fragilisé le pays”, a-t-il soutenu.

Sur Saïd Bouteflika

S’agissant du conseiller du président Abdelaziz Bouteflika, en l’occurrence son frère, Saïd, le général à la retraite l’a défini comme quelqu’un qui “s’est s’est accroché au pouvoir, multipliant les tentatives de diversion, les manœuvres, les manigances désespérées pour garder la haute main sur les affaires du pays”.
Pour lui, Saïd Bouteflika ne voulait en aucun cas lâcher prise, quitte à procéder à mettre le pays et le peuple en péril.

1e rencontre avec Saïd Bouteflika le 7 mars 2019

L’ancien ministre de la Défense nationale dit avoir rencontré, Said Bouteflika, le 7 mars dernier et ce par le biais d’un ami. Il dit que Saïd voulait connaître son opinion quant à la situation qui prévaut dans le pays suite au mouvement populaire du 22 février dernier.
” L’homme était visiblement dans le désarroi. Il voulait connaître mon opinion sur ce qui se passait dans le pays et sur ce qu’il pouvait entreprendre pour faire face à la contestation populaire”, a-t-il révélé.
Et Nezzar de répondre à son interlocuteur (Saïd): ” Etant donné que le peuple ne veut pas d’un cinquième mandat, qu’il veut aller à une deuxième République et qu’il rejette les membres de la classe politique en charge actuellement de responsabilités, j’estime qu’il faut répondre à ses demandes”.
Le général à la retraite dit avoir suggéré deux propositions à Saïd Bouteflika :
La première proposition:
– Prendre comme base de travail la lettre du Président qui parle de conférence nationale, la compléter en précisant les délais quant à sa durée de vie.
– Donner la date exacte du départ du Président qui ne devrait pas excéder 6 à 9 mois.
– Remplacer l’équipe gouvernementale actuelle par un gouvernement de technocrates.
Inconvénients de cette première proposition : la population pourrait la comprendre comme une tentative de passage en force, de même qu’elle pourrait être rejetée par les autres acteurs politiques comme pour les deux premières lettres.
La seconde proposition, la plus raisonnable :
– Que le Président se retire soit par démission, soit par invalidation par le Conseil constitutionnel.
Parallèlement:
– Désignation d’un gouvernement de technocrates.
– Création de plusieurs commissions indépendantes qui seraient compétentes pour préparer les futures élections et mettraient en place les instruments pour aller vers la deuxième République.
Je suggérais également à Saïd la démission du président du Conseil constitutionnel et ceux des deux chambres du Parlement. Le nouveau président constitutionnel assurerait la vacance du président de la République et légiférerait par ordonnances.
Des propositions que Said Bouteflika rejeta, notamment la seconde, estimant qu’elle “est dangereuse pour eux”.
Saïd prêt à décréter l’état d’urgence ou l’état de siège
Interrogé par Nezzar : ” Et si cette énième lettre était rejetée, que feriez-vous ?”
Saïd lui répondit: ” Ce sera l’état d’urgence ou l’état de siège !”
Il ajoute être par l’inconscience de Saïd Bouteflika.
Et Nezzar de renchérir : “Si Saïd, prenez garde, les manifestations sont pacifiques, vous ne pouvez en aucun cas agir de cette manière !”

Saïd Bouteflika agit en seul décideur

“A cet instant, je me suis rendu compte qu’il se comportait comme le seul décideur et que le Président en titre était totalement écarté”, a-t-il réalisé.
Avant de le quitter, j’ajoutai : «La balle est encore dans votre camp. Surtout, ne perdez pas de temps, le mouvement est en train de faire boule de neige, bientôt il sera trop tard !»
“Les jours suivants, ayant eu quelques échos de ce qu’il tramait, j’ai compris qu’il avait décidé de n’en faire qu’à sa tête. La solution de sagesse que je lui avais proposée ne lui convenait donc pas”, a constaté Nezzar.
30 mars 2019, communication téléphonique avec Saïd (paniqué)Le 30 mars 2019, Nezzar reçoit un appel téléphonique de Saïd. “Au son de sa voix, j’ai compris qu’il était paniqué”, a estimé Nezzar.

Saïd voulait destituer Gaïd Salah

“Il (Saïd) me dit que le vice-ministre de la Défense et chef d’état-major de l’ANP était en réunion avec des commandants des forces et qu’il pouvait agir contre Zéralda d’un instant à l’autre. Il voulait savoir s’il n’était pas temps de destituer le chef d’état-major”, a fait savoir l’ancien ministre de la Défense.
“Je l’en dissuadai fortement au motif qu’il serait responsable de la dislocation de l’armée en cette période critique”, a-t-il ajouté.

Saïd craignait d’être arrêté

“La balle était de nouveau dans le clan des Bouteflika. Je pensais qu’ils allaient agir rapidement, d’autant que Saïd – il le disait – craignait d’être arrêté à tout moment”, a-t-il dit encore dans sa lettre.

Nezzar alerte l’ex-DRS sur les malversations de Chakib Khelil

“Hier, dans l’armée, j’ai lutté contre la corruption. J’ai écrit et rendu public ce que j’ai tenté de faire et ce que j’ai réussi à faire pour mettre hors d’état de nuire les corrompus qui occupaient de grands postes de responsabilité au sein de l’institution militaire”, a-t-il dit.
“C’est moi qui ai porté à la connaissance de l’ex-DRS les prévarications de l’ancien ministre de l’Energie Chakib Khelil, en donnant des précisions et des détails. J’ai fait de même pour Orascom dont les agissements ont coûté très cher au pays”, a-t-il révélé.

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