Le pétrole passe en dessous du prix référentiel!
Au moment où le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika s’apprête à signer la loi de finances 2019, le prix de pétrole a connu une baisse considérable en s’établissant à 50,46 dollars. Ainsi, les cours de l’or noir s’approchent du prix référentiel adopté par l’Exécutif, qui est de 50 dollars, ce qui risque de mettre ce dernier dans une mauvaise posture.
Par ailleurs, des économistes ont tiré la sonnette d’alarme quant aux répercussions du recours à la planche à billets, ce qui risque une croissance du taux d’inflation pour atteindre les 10%.
A ce propos, Abderrahmane Mebtoul, expert pétrolier, a affirmé à Echorouk que le nouveau choc pétrolier renseigne de la poursuite de l’émission des billets de banque, tel qu’il est adopté en 2017 à l’occasion de la révision de la loi sur la monnaie et le crédit. Ce qui n’exclut pas, à ses yeux, de voir le taux d’inflation flamber à hauteur de 10%.
Pour lui, l’impact de cette dernière sera fortement ressenti par les ménages algériens, notamment avec l’augmentation des prix des produits alimentaires et les services.
De l’avis de l’expert, le prix référentiel fixé par le gouvernement à 50$ ne rime pas avec les chiffres avancés par le Fonds monétaire international (FMI), pour qui les budgets de fonctionnement et d’équipement en Algérie sont tributaires d’un baril de pétrole affiché à 100$, soit le double du prix référentiel.
Selon notre interlocuteur, cette baisse devrait inéluctablement affecter le budget de l’Etat, dans la mesure où chaque dollar de moins du prix des hydrocarbures fait perdre au Trésor public environ 300 millions de dollars par an.
Par exemple, la baisse du pétrole qui passe de 86 à 50$ pourrait en effet engendrer des pertes de l’ordre de 12 milliards de dollars par an, si les prix se stagnent à leur niveau actuel.
Comme un malheur ne vient jamais seul, les cours du gaz naturel, une alternative prônée par le gouvernement pour compenser la baisse drastique des prix des hydrocarbures, ont connu eux-aussi une baisse sensible ce qui interpelle l’Exécutif à agir vite et ce dans le sens de s’affranchir de la dépendance des hydrocarbures et se focaliser davantage sur les perspectives qu’offre le secteur d’industrie.
Imène Kimouche / Traduit par: Moussa. K.