Le roi du 1500 m : « J’avais un pressentiment de gagner une médaille à Londres »
Le roi du 1500 m, Taoufik Makhloufi, nous a accordée cette interview les larmes aux yeux, en regardant ses parents venus l’accueillir à l’enceinte de l’aéroport Houari Boumediène, après sept (7) mois d’absence.
Confiant de ses capacités, le champion mondial lors des JO de Londres 2012, Taoufik Makhloufi a dit avoir pressenti monter sur le podium.
Echorouk: Tout d’abord, avez-vous un pressentiment de monter sur le podium à Londres ?
Makhloufi: Evidemment, j’ai pressenti remporter une médaille lors de ces Jeux Olympiques, vu les efforts que j’ai déployés pour être prêt au rendez-vous. C’était une longue préparation non sans résultat car avec l’aide du Bon Dieu et tous ceux qui m’ont aidé, j’ai réussi à remporter ce titre.
Echorouk: À la veille de la finale du 1500 m, vous avez failli être exclu ?
Makhloufi: Je préfère ne pas parler de ce sujet. Néanmoins, je veux dire un mot, c’est que cette médaille est méritée par le peuple algérien qui m’a félicité. Je dédie cette médaille à tous les Algériens. Je leur dis être fier de vous, comme vous êtes fiers de moi.
Echorouk: Avec cet grand exploit, vous avez non seulement honoré le pays (Algérie) mais plutôt tout le monde arabe ?
Makhloufi: C’est un honneur pour moi d’apporter du bonheur aux peuples arabes qui m’ont soutenu lors de ces Olympiades. Je dédie également cette distinction à tout le monde arabe, en souhaitant également contribuer à hisser le plus haut possible l’emblème national.
Echorouk: À la fin de la course, vous avez exprimé votre joie à la façon du champion mondial (100, 200 m)Usain Bolt ?
Makhloufi: Je me suis exprimé à ma façon. C’est une façon qui n’est pas liée à Usain Bolt. Vous savez, en franchissant la ligne d’arrivée, j’avais de grands sentiments de joie, après ma victoire récompensant mes efforts fournis lors des préparations et la longue absence de ma famille.
Les moments de joie sont indéfinissables, notamment si vous réussissez à honorer les couleurs de votre pays, dans l’une des précieuses compétitions internationales comme les Jeux Olympiques.
Echorouk: Au moment où vous êtes monté sur le podium, avez-vous eu un rappel des critiques de Telegraph pour l’emblème national ?
Makhloufi: Pas de commentaire à cette question. L’essentiel pour moi, c’est de gagner une médaille lors des JO, comme je vous l’avais cité auparavant. A ce moment là, je ne pensais qu’à mon pays, pour qui 1 million et demi d’Algériens ont trouvé la mort pour qu’il soit debout.
Echorouk: Qu’est ce qui vous a dit le champion marocain Hicham El Guerrouj lorsqu’il vous a remis la médaille ?
Makhloufi: Hicham El Guerrouj m’a félicité pour ma victoire et a été très content de ma médaille d’or. J’ai ressenti chez lui un grand amour pour le peuple algérien. C’est un grand athlète, à des qualités exemplaires. J’ai eu l’honneur de le rencontrer à Londres et il m’a motivé pour donner le plus de moi-même pour réussir encore dans l’avenir.
Echorouk: Quelles lectures faites-vous de l’accueil triomphal qui vous a été réservé ?
Makhloufi: En réalité, je ne m’attendais pas à cet accueil chaleureux d’un peuple algérien qui est connu lors de ces rendez-vous . Je tiens à remercier tous ceux qui sont sortis pour me rencontrer. Cette médaille en fait, n’est pas propre à Makhloufi, mais je la partage avec tout le peuple algérien.
Echorouk: Avez-vous observé le jeûne le jour de la finale ?
Makhloufi: Vous savez, c’est vraiment difficile pour tout athlète de participer sans observer le jeûne, alors là si vous participez à la course à jeun. Je souhaite remporter d’autres titres dans les prochaines compétitions, dont je sais le poids de la responsabilité qui pèse sur moi, car les Algériens m’attendent à tout rendez-vous pour leur apporter de la joie et du bonheur.