L’érosion des réserves de change annonce une nouvelle crise financière
Des experts ont mis en garde contre une éventuelle érosion des réserves de change en Algérie, qui s’étaient établies sous la barre de 80 milliards de dollars fin décembre dernier contre 97 milliards de dollars à la même période de 2017.
Selon des analyses de la Banque d’Algérie, cette situation est entraînée par un important déficit qu’ont connu les finances publiques, estimant que la poursuite de recul implique le déploiement d’”efforts d’ajustement soutenus, notamment budgétaire, pour rétablir la viabilité de la balance des paiements et limiter l’érosion des réserves officielles de change”.
A ce titre, l’expert en économie, Abderrahmane Aya a expliqué dans une déclaration à la Radio nationale qu’ ” il n’y a plus de mécanisme pour couvrir ce déficit à l’exception de la réserve de change. Par le passé, nous avions un déficit du budget et nous avions de quoi couvrir ce déficit, à savoir le Fonds de régulation des recettes (FRR). Une fois, que ce Fonds était vide, l’ancien gouvernement avait recouru à la planche à billets. Aujourd’hui, nous sommes toujours dans la même logique, ce qui signifie qu’en cas d’érosion complète de la réserve de change, le gouvernement n’aura aucune marge de manœuvre car cette réserve contient des devises étrangères que nous ne pouvions jamais émettre localement. Et c’est là un sérieux problème pour l’économie nationale d’où il fallait restructurer cette dernière de sorte que l’on évite la baisse ininterrompue de la réserve de change”.
De l’avis des experts, cette chute s’explique par deux éléments : la production locale en pétrole et le prix de ce dernier, soutenant que tout dérèglement affectera l’économie nationale.
De son côté, l’expert économique, Farid Benyahia soutient qu’ “avec la double baisse des prix du pétrole et du gaz, l’Etat aura besoin de 40 à 50 milliards de dollars”.
Fatah. A. / Traduit par: Moussa. K.