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Les deux journalistes d'Echorouk reviennent sur l’entretien avec Abderrahmane Achour

الشروق أونلاين
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Les deux journalistes d'Echorouk reviennent sur l’entretien avec Abderrahmane Achour
Djaâfar Saâda
Abderrahmane Achour interviewé par les journalistes de Echorouk

Echorouk s’est habitué à se rendre dans des établissements pénitentiaires pour rencontrer et recueillir des témoignages des prisonniers sur leur détention et leur vécu et leur réinsertion, ce qui ne se fait qu’avec une autorisation délivrée par le ministère de la Justice.

Celui qui imagine que réaliser des reportages à l’intérieur d’une prison sans autant interviewer des détenus ne sait rien de la presse, d’autant plus après les instructions données par le gouvernement pour permettre ouvrir les portes des établissements pénitentiaires devant la presse en vue  d’éclairer l’opinion publique. Echorouk a également l’habitude d’effectuer chaque année ce type de travail, dont il a déjà interviewé Abderrahmane Achour à maintes reprises, notamment en 2007, date à laquelle il a obtenu son baccalauréat. Les photographies de Abderrahmane Achour portant une uniforme de prisonnier publiées par la presse les années précédentes, en sont une preuve des efforts du photographe et du staff de Echorouk qui tiennent et s’efforcent à éclaircir l’opinion publique.L’autorisation délivrée par le ministère de la Justice donne droit aux deux journalistes du quotidien Echorouk de s’introduire dans les prisons de El Harrach et de Serkadji pour réaliser des reportages témoignant de la situation des détenus.

Le directeur général de l’Administration pénitentiaire  et le directeur de la prison de Serkadji veillent au respect de la loi

Le directeur général de l’Administration pénitentiaire et de la réinsertion, Mokhtar Felioune et le directeur de la prison de Serkadji veillent à l’application de la loi en instruisant les journalistes à ne pas évoquer les faits reprochés aux prisonniers. Les deux responsables ont insisté sur la nécessité de respecter la dignité du prisonnier, ses libertés et respecter les instructions des agents accompagnateurs. Et ce pour se focaliser sur leur réinsertion et s’informer de leur vécu dans la geôle, notamment en ce mois de Ramadhan. Telles étaient les questions sur lesquelles nous avions tenu à avoir des réponses lors de notre passage dans ladite prison. Ayant eu l’autorisation de visiter la prison d’El Harrach et celle de  Serkadji, nous n’avions demandé au directeur général de l’Administration pénitentiaire de nous permettre d’interroger des détenus, dont nous n’avions jamais imaginé que nous pourrions rencontrer Abderrahmane Achour, que nous ne savions même pas qu’il a été transféré de la prison de El Harrach vers Serkadji. Au 5e jour du mois sacré, nous nous étions rendus à la prison de El Harrach où nous avions eu des entretiens avec des prisonniers ayant réussi au baccalauréat, dont l’un d’eux aurait réussi à 12 occasions aux épreuves du Bac derrière les barreaux, un docteur et un ex-conseiller à la présidence de la République. Une fois dans la prison de Serkadji, le directeur de cet établissement a tenu à nous rappeler des consignes et des mesures et des lignes à ne pas franchir, à savoir de n’interviewer que les prisonniers ayant réussi au Bac ou au BEM. En se promenant à l’intérieur de cette institution, des agents ne nous ont pas quitté d’un iota jusqu’à la fin de notre visite. Etant à l’intérieur, nous avons tenu à suivre les détenus même à l’intérieur de la bibliothèque où se trouvaient des prisonniers ayant obtenu le Bac session 2013, dont l’un  a écopé d’une peine de 12 ans de réclusion, impliqué dans une affaire de corruption, un autre condamné pour le trafic de drogue qui étaient tous en train de lire des livres. Dans un autre coin de la bibliothèque, s’était assis un homme en train de réciter le Coran et à ses côtés s’asseyait un autre prisonnier qui a obtenu le baccalauréat .

Etant des journalistes, nous n’avions pas pu rater l’occasion d’interviewer Abderrahmane Achour  

En s’approchant du détenu qui récitait le Coran, il s’est avéré qu’il s’agissait de Abderrahmane Achour, condamné à 18 ans de réclusion, pour détournement de 3200 milliards de centimes. La première question que nous lui avons posée, lui qui a réussi au baccalauréat, est de savoir la filière qu’il a choisi après avoir obtenu le Bac pour la deuxième fois derrière les barreaux. En effet, les questions auxquelles nous lui avons demandé de répondre étaient spontanées et non préparées d’avance, d’autant plus que son histoire est en vérité un secret de polichinelle.  Il y a lieu de souligner que les agents qui nous ont tenu compagnie s’interposaient à chaque fois que nous tentions de lui poser d’autres questions ne concernant pas sa réinsertion. En revanche, cela ne nous a pas non plus empêché d’avoir quelques informations de sa personne, de son avenir et de sa famille.Sa réaction était si surprenante lorsque nous lui avons dit que nous les journalistes ne trouvions rien pour écrire de lui, à l’exception des affaires ayant trait à la corruption et au détournement. « Je respecte la décision de la justice à qui je fais confiance », nous a-t-il ainsi répondu.

Le directeur de Serkadji n’a rien commis

D’après notre visite effectuée à Serkadji, nous nous sommes rendus compte que nous avions affaire à un directeur qui connaît bien son travail, qui veillait au respect des lois et à ne pas dépasser les limites définies par la loi. S’agissant de son limogeage suite à l’interview que nous a accordée Abderrahmane Achour, nous ne savons pas pourquoi on lui reproche d’avoir laissé deux journalistes recueillir des propos de Abderrahmane Achour. Pourtant, l’entretien s’est focalisé sur des questions concernant sa vie privée et non l’argent détourné.

 

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Commentaires
4
  • Samai Salim

    Merci Echorouk...pour l´interet que vous portez á ce secteur de la vie. Il y a des milliards de choses á faire dans nos prisons, ou la Loi de la Jungle regne avec la complicite de l´administration.

    Nous avons tendance á oublier trop de secteurs de la vie et á eviter les Tabous!!

  • saint esprit.

    amine.

  • saint esprit.

    Croyez vous au détournement de 3200 milliards, moi pas du tout. D'ailleurs il n'a que faire de cette somme, que seul l'état pourrait en posséder. Il faut orienter l'enquête ailleurs ou sous d'autres angles, pour satisfaire la curiosité du public.

  • hakim

    Les deux journalistes affirment que l'accés dans cet établissement a été autorisé aprés avoir obtenu l'accord du Ministere de la Justice. En ce qui concerne le limogeage du directeur de la prison de Serkadji, selon les propos des deux journaliste, nous donne l'impression que le Ministère n'a pas raté cette occasion et d'autres raisons qui ont amené ce Ministère de prendre cette décision assez rapidement. Mais, il faut donner la chance à ce directeur d'expliquer et d'éclairer la situation.