Libye : l'opposition envisage d'exporter du pétrole dans moins d'une semaine
Et ce, après avoir repris, samedi, les villes stratégiques d’Adjedabia et Brega. Les rebelles se sont emparés, dimanche, du terminal pétrolier de Ras Lanouf et de la bourgade de Ben Jawad et progressent vers la ville natale de Kadhafi, Syrte…
Ce sont les premières victoires majeures depuis le début de l’intervention militaire internationale contre le régime de Kadhafi. L’opposition a par ailleurs déclaré qu’elle projetait d’exporter du pétrole d’ici « moins d’une semaine ». « Nous produisons environ 100.000 à 130.000 barils par jour, et nous pouvons facilement augmenter ce rythme jusqu’à 300.000 barils par jour », a déclaré Ali Tarhoni, représentant des rebelles en charge des questions économiques, financières et pétrolières, lors d’une conférence de presse à Benghazi (Est). Il a ajouté que l’organe politique représentant les rebelles avait signé un accord avec le Qatar, déléguant à l’Émirat la commercialisation du brut, et qu’il s’attendait à ce que les exportations redémarrent dans « moins d’une semaine ». Dimanche matin, le terminal pétrolier de Ras Lanouf, dans l’Est, était aux mains des rebelles. Ce bourg est situé à 210 km à l’ouest d’ Ajdabiya , carrefour stratégique repris samedi par la rébellion. ». il y a eu un peu de résistance à l’aube mais ils se sont retirés », a raconté un rebelle de 35 ans, Attia Hamad.
Sur le terrain, les insurgés libyens avançaient vite dimanche vers l’ouest, en direction de Syrte, la ville natale de Mouammar Kadhafi, profitant de la débandade de ses forces affaiblies par les frappes de la coalition internationale. Les forces pro-Kadhafi se replient en direction de Syrte, à 200 km plus à l’ouest, le long d’une côte plate et désertique difficile à défendre sans aviation ni artillerie lourde. Selon une habitante de Syrte, la ville a été pilonnée toute la nuit de samedi à dimanche par des frappes aériennes qui ont provoqué des dégâts considérables. « La ville est devenue une boule de feu », a-t-elle déclaré, précisant que la plupart des habitants, terrifiés, avaient fui dans le désert.
La coalition a aussi mené des raids aériens intensifs sur la route côtière entre Ajdabiya et Syrte. « Les frappes aériennes ont continué pendant des heures et des heures, sans arrêt », a déclaré dans la nuit un porte-parole du régime. Plus à l’ouest, Misrata, troisième ville du pays à mi-chemin entre Tripoli et Syrte, était toujours soumise à un « pilonnage intensif » des forces pro-Kadhafi, selon un porte-parole des rebelles à leur siège à Benghazi qui a appelé à l’aide. Un médecin de Misrata a déclaré à l’AFP que 117 personnes avaient été tuées depuis le 18 mars dans cette ville aux mains des rebelles mais assiégée par les pro-Kadhafi.