Lille: Fermeture d’un lycée musulman pour manque d’ouvrages sur l’homosexualité
Le préfet des Hauts-de-France, Georges-François Leclerc, publie un arrêté mettant un terme au contrat d’association entre l’État et le lycée privé musulman, qui ne compte pas en rester là et rassemble ses soutiens.
Le lycée musulman Averroès de Lille a perdu la confiance de l’État : le préfet de région des Hauts-de-France Georges-François Leclerc a annoncé dimanche soir avoir résilié le contrat d’association qui liait l’établissement scolaire privé à l’enseignement public. Une fois publié, l’arrêté met ainsi automatiquement fin aux subventions à partir de la rentrée 2024 et à la rémunération des enseignants du lycée par le ministère : ceux-ci seront mutés ailleurs – à moins de démissionner de l’Éducation nationale.
Cette décision constitue l’épilogue d’un long bras de fer entre le lycée et les autorités : la préfecture, et surtout la région Hauts-de-France, dont le président Xavier Bertrand savoure avec une gourmandise non dissimulée sa victoire. Après une première alerte – restée lettre morte – auprès du cabinet de Jean-Michel Blanquer en 2017, l’ancien candidat à la primaire de la droite a redoublé d’efforts pour faire tarir les financements publics versés au lycée musulman .
Dans sa décision, le préfet du Nord dénonce des manquements graves. Il évoque une inspection du CDI entravée la direction. Selon la préfecture, il manquait dans le centre de documentation des ouvrages sur l’homosexualité ou la culture. Elle pointe également du doigt la présence d’écrits de l’imam Hassan Iquioussen, prédicateur accusé de propos antisémites et misogynes par le ministre de l’Intérieur qui avait fui la France vers la Belgique après un arrêté d’expulsion, avant d’être expulsé vers le Maroc.
L’établissement de 473 élèves, ouvert en 2003, est pointé du doigt pour un don qatari en 2014 et des irrégularités de gestion. En 2014, le lycée a reçu un don d’une ONG du Qatar d’environ 900 000 euros, ce qui lui a permis d’acheter ses locaux actuels. Le directeur de l’établissement Éric Dufour indique pour sa part que le lycée n’a plus reçu de don étranger depuis 2015 et que tous les financements sont transparents. L’école est aussi critiquée pour des liens supposés avec les Frères musulmans. “Ce sont des insinuations, il n’y a pas le moindre début d’élément”, assure l’un des avocats du lycée, Joseph Breham. “Il n’y a pas de lien avec les Frères musulmans.”