L’Indonésie fait son entrée dans les Brics
Le Brésil, qui vient de prendre la présidence tournante des Brics, a annoncé lundi que l’Indonésie était devenue membre à part entière du bloc des économies émergentes, dont la Chine, l’Inde et la Russie font également partie. Une décision saluée mardi par Jakarta.
L’Indonésie a “salué”, mardi 7 janvier, son entrée formelle dans le bloc des Brics annoncée par le Brésil, qui vient de prendre la présidence tournante du bloc des économies émergentes, dont la Chine, l’Inde et la Russie font également partie.
L’entrée de la première économie d’Asie du Sud-Est dans le bloc “montre le rôle de plus en plus actif de l’Indonésie dans les questions mondiales et son engagement à renforcer la coopération multilatérale pour créer une structure mondiale plus inclusive et plus juste”, a déclaré le ministère des Affaires étrangères indonésien dans un communiqué, a rapporté France 24.
Lundi, le ministère brésilien des Affaires étrangères avait souligné que le pays le plus peuplé du Sud-Est asiatique “partage avec les autres membres la volonté d’une réforme des institutions de la gouvernance mondiale et contribue de façon positive à la coopération au sein du Sud global”.
Jakarta a dit considérer son adhésion aux Brics comme “une étape stratégique pour améliorer la collaboration et la coopération avec d’autres pays en développement, basée sur le principe d’égalité, de respect mutuel et de développement durable”.
La candidature de l’Indonésie avait été approuvée lors d’un sommet des Brics en 2023, à Johannesburg, en Afrique du Sud. Le pays devient le 10e membre du bloc.
Vers la fin du dollar comme devise de référence?
Créé en 2009, ce bloc est de plus en plus considéré comme un contrepoids à l’Occident. L’Afrique du Sud l’a rejoint en 2010, suivie plus récemment de pays comme l’Iran, l’Égypte, l’Éthiopie ou les Émirats arabes unis l’an dernier.
Jakarta a exprimé sa “gratitude envers la Russie”, qui a présidé le bloc en 2024, “pour son soutien et son leadership visant à faciliter l’adhésion de l’Indonésie”, ainsi qu’envers le Brésil.
Lors du dernier sommet des Brics en Russie, les pays du bloc ont évoqué la possibilité de se passer du dollar américain comme devise de référence pour ces échanges. Dans la foulée, le président US élu Donald Trump a menacé les pays du groupe de “tarifs douaniers de 100 %” s’ils créaient “une nouvelle monnaie des Brics” pour remplacer le dollar.
Trump menace les pays des Brics!
Donald Trump a menacé samedi 30 novembre les pays des Brics de droits de douane « à 100 % » s’ils sapent la domination du dollar, certains de ces pays envisageant de se passer du billet vert dans les échanges internationaux.
« Nous exigeons de ces pays qu’ils s’engagent à ne pas créer une nouvelle monnaie des Brics, ni à soutenir une autre monnaie pour remplacer le puissant dollar américain », a déclaré le président américain élu sur son réseau Truth Social, « faute de quoi » ces pays dont le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud « seront soumis à des droits de douane de 100 % et devront s’attendre à dire adieu à leurs ventes dans la merveilleuse économie américaine», a rapporté RFI.
Le groupe des Brics comprend aujourd’hui neuf pays: Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud, Iran, Égypte, Éthiopie, et Émirats arabes unis. Ce bloc de puissances souhaite réduire la domination occidentale dans un monde qu’il conçoit comme « multipolaire ».
Dans le domaine financier, ce groupe a mené des réflexions pour se passer du dollar, qui sert de monnaie de référence pour les échanges mondiaux. Ces pays ont notamment envisagé de créer leur propre monnaie commune. Ce projet, qui impliquerait de renoncer à une partie de sa souveraineté au sein d’un groupe de pays très hétérogènes, est encore très loin d’être abouti.
Lors du sommet des Brics à Kazan, en Russie, fin octobre, le président russe Vladimir Poutine a dit renoncer, à ce stade, à la création d’une monnaie unique commune, en jugeant que cette idée n’était « pas encore mûre ».
Après son élection face à Kamala Harris début novembre, Donald Trump doit prendre ses fonctions le 20 janvier à la Maison Blanche. Mais avant même cette date, le président élu multiplie les menaces d’augmentation des droits de douane envers différents pays, ce qui fait craindre une vaste guerre commerciale capable de pénaliser la croissance mondiale.