Mahmoud Abbas tient les États-Unis pour “responsables de l’effusion de sang” à Gaza
Mahmoud Abbas a dit tenir Washington « pour responsable de l’effusion de sang dans la bande de Gaza aux mains des forces d’occupation » israéliennes.
Le président de l’Autorité palestinienne estime « immoral » le veto américain à une résolution onusienne pour un cessez-le-feu entre le Hamas et Israël dans le territoire palestinien. Mahmoud Abbas a dit tenir Washington « pour responsable de l’effusion de sang des enfants, des femmes et des personnes âgées palestiniens dans la bande de Gaza aux mains des forces d’occupation » israéliennes, peut-on lire dans les colonnes des Echos.
Le projet de résolution avait été préparé après l’invocation sans précédent par le secrétaire général, Antonio Guterres, de l’article 99 de la Charte des Nations unies lui permettant d’attirer l’attention du Conseil de sécurité sur un dossier qui « pourrait mettre en danger le maintien de la paix et de la sécurité internationales ». Les Américains, alliés d’Israël, ont répété vendredi leur hostilité à un cessez-le-feu.
Le Conseil de sécurité est devenu conseil de défense d’Israël, selon Erdogan
« Depuis le 7 octobre, le conseil de sécurité est devenu un conseil de protection et de défense d’Israël », a dénoncé le président turc à l’occasion du 75e anniversaire de la déclaration des droits humains. Le projet de résolution, préparé par le secrétaire général, Antonio Guterres, a été rejeté par la seule voix des Etats-Unis qui s’y opposaient, une abstention (le Royaume-Uni) et treize voix pour.
« Est-ce ça, la justice ? » a lancé Recep T. Erdogan qui a répété une nouvelle fois que « le monde est plus grand que cinq ». « Un autre monde est possible, mais sans l’Amérique. Les États-Unis se tiennent au côté d’Israël avec leur argent et leur équipement militaire. Hé, l’Amérique! combien allez-vous payer pour ça ? » a encore lancé le président turc.
Les organisations humanitaires fustigent le veto américain
Le véto américain devant le conseil de sécurité de l’ONU a été rapidement condamné par les organisations humanitaires, Médecins sans frontières (MSF) déclarant que l’inaction du Conseil de sécurité des Nations unies le rend « complice du massacre » dans la bande de Gaza.
« En continuant à fournir des armes et une protection diplomatique à Israël qui commet des atrocités […], les États-Unis risquent de se rendre complices de crimes de guerre », a réagi dans un communiqué Louis Charbonneau, de Human Rights Watch.
Le Hamas condamne le veto américain
Le Hamas a « fermement condamné » samedi le véto américain, le qualifiant de « position immorale et inhumaine » et de « participation directe » aux « massacres », selon Ezzat al-Rishq, haut responsable politique du mouvement.
Le Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh a également fustigé « l’échec du Conseil de sécurité à adopter un projet de résolution visant à mettre fin à l’agression contre notre peuple dans la bande de Gaza en raison de l’utilisation par les États-Unis de leur droit de véto », qu’il a qualifié de « honte » et de « nouveau blanc-seing donné à l’Etat occupant pour massacrer, détruire et déplacer ». « C’est un triste jour dans l’Histoire du Conseil de sécurité », a déploré l’ambassadeur palestinien à l’ONU Riyad Mansour. Mais « nous n’abandonnerons pas ».
L’Iran met en garde contre « une explosion » régionale du conflit
« Tant que l’Amérique soutiendra les crimes du régime sioniste et la poursuite de la guerre […] il y a la possibilité d’une explosion incontrôlable de la situation dans la région », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, au secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. Cet échange s’est tenu alors que les États-Unis ont mis leur véto vendredi à une résolution du Conseil de sécurité appelant à un « cessez-le-feu humanitaire immédiat » à Gaza.