Français

Mémoire de Chadli : Larbi Belkheir était-il derrière la création du FIS?

الشروق أونلاين
  • 13273
  • 1

Chadli Bendjedid n’a pas caché sa vive critique quant à la politique industrielle, adoptée par son prédécesseur Houari Boumediène et son ministre de l’Industrie Belaïd Abdesslam, lequel prévoit qu’elle s’effondre à la première crise secouant le pays.

Effectivement, c’est ce qui s’est produit d’ailleurs au milieu des années 80, où l’économie algérienne s’est confrontée à une crise des plus aiguës.

Chadli a du coup confié à Abdelhamid Brahimi, la mission de mener des réformes devant mener à sauver l’économie du pays d’un effondrement certain.

Dans le but d’éviter au pays de plonger au fond d’une crise économique, Brahimi s’est mis tout d’abord à restructurer les entreprises économiques et industrielles ainsi que les unités de production.

Mais en 1986, la crise a ébranlé l’économie du pays et, menacé de fermer plus de la moitié de ses entreprises, et ce bien que le secteur industriel, considéré comme le moteur de la croissance dans le pays, a bénéficié de 60% de la totalité des investissements de l’Etat entre 1967 et 1978.

Par ailleurs, les sociétés nationales industrielles ont connu une paralysie quasi-totale début 80, où la dette extérieure s’est élevée à 40 milliards de dollars, soit deux fois plus le PIB.

S’ajoute à cela, le recours abusif des sociétés nationales, à l’aide technique étrangère avant les années 1980, coûtant au pays pas moins de 79.4 milliards de dinars, soit 18 milliards de dollars.

Ceci-dit que l’industrie qui devrait être un véritable moteur de croissance, devient un lourd fardeau sur l’Algérie, en conséquence de la négligence totale des secteurs de l’agriculture et des travaux publics.

Grâce à la restructuration des entreprises du pays et les initiatives économiques prises par Chadli, la dette du pays affichée à 1979 à 19.4 milliards de dollars, a été revue à la baisse en 1984 à 12.7 avant qu’elle ne grimpe en 1989 à 21 milliards de dollars.

Brahimi était l’une des personnalités ayant travaillé aux côtés de Chadli, et c’était l’un des opposants à la désignation de Larbi Belkheir à la présidence de la République.

Chadli ne prêtait pas l’oreille à son ministre de l’Intérieur, connu par la suite d’être derrière le scandale des 26 milliards de dollars.

Il s’opposait également au ministre de l’Industrie, Belaïd Abdesslam, en révélant que ce dernier s’oppose au projet des pipe-lines du gaz algérien traversant les territoires tunisien et marocain pour enfin arriver en Europe, car selon lui, ces deux pays continuent les ennemis de l’Algérie.

Belkheir était-il derrière la création du FIS et du RCD ?

Parmi les coups durs qu’a reçus Chadli de son entourage au pouvoir, la création et la remise des agréments aux deux partis du Front islamique du salut (FIS) de Abassi Madani, et du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) de Saïd Sadi.

Les deux partis ont reçu leurs agréments des mains du ministre de l’Intérieur, Aboubakr Belkaïd, à l’insu de Chadli, qui était en visite d’Etat au Sénégal. Belkaïd aurait donc obéi aux ordres donnés par Larbi Belkheir.

Lorsque Belkheir tente d’écarter Hamrouche

Chadli n’a jamais caché son attachement à son chef du gouvernement, Mouloud Hamrouche, auquel a confié la tâche de mener et désigner les dirigeants devant mener à bien les réformes politiques, socioéconomiques et de l’Information du pays.

En plus de cette mission qu’il lui a confiée, Chadli le préparait à lui succéder même au pouvoir.

Sentant le danger de la forte relation liant Chadli à Hamrouche, Chadli a fait l’objet de sérieuses pressions de la part de l’un de ses proches au sommet de l’Etat, qui n’est autre que le puissant général, Larbi Belkheir.

Celui-ci a tout fait pour écarter Hamrouche du pouvoir, afin de sauver sa tête en mettant les barons dans les roues de Hamrouche pour l’empêcher d’occuper le palais d’El Mouradia.

مقالات ذات صلة