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Soupçonné d’ingérence étrangère, le journaliste marocain Rachid M’Barki mis en examen

Echoroukonline
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D.R

L’ancien présentateur de BFMTV, le Marocain Rachid M’Barki a été mis en examen pour abus de confiance et corruption privée passive. Il avait été licencié par Altice en février 2022.

L’ex-journaliste de BFMTV Rachid M’Barki a été mis en examen dans l’enquête portant sur des soupçons d’ingérence étrangère dans la politique et l’actualité françaises.

Près de deux ans après son renvoi de BFMTV pour faute grave, le journaliste Rachid M’Barki a été mis en examen, vendredi 8 décembre 2023, pour abus de confiance et corruption privée passive, selon une source judiciaire ce mardi 19 décembre, confirmant les informations de Libération. Rachid M’Barki réfute toutes ces accusations. Cette décision a été prise dans le cadre de l’enquête portant sur des soupçons d’ingérence étrangère dans la politique et l’actualité françaises, selon Le Point.

Cette dernière avait été initiée après une plainte de BFMTV et une enquête internationale, mi-février, du collectif de journalistes Forbidenn Stories, à laquelle ont contribué Radio France et Le Monde. Elle pointait les activités d’une société israélienne, surnommée Team Jorge, spécialisée dans la désinformation au profit de différents clients, dont des États.

L’enquête a été confiée en octobre à des magistrats instructeurs, dans une information judiciaire ouverte pour diverses infractions, dont abus de confiance, corruption et trafic d’influence d’agent public ou encore blanchiment de fraude fiscale aggravée.

Des brèves litigieuses diffusées sur BFMTV

Dans le cas de Rachid M’Barki sur BFMTV, elle pointait des brèves litigieuses diffusées en 2021 et 2022 et relatives à des oligarques russes, au Qatar, Soudan, Cameroun, ou encore au Sahara occidental, et qui auraient été « fournies clé en main pour le compte de clients étrangers », selon le consortium d’investigation. Le directeur général de la chaîne d’informations Marc-Olivier Fogiel avait accusé, en janvier 2022, le présentateur de « s’arranger pour demander [des] images en dernière minute » pour illustrer des brèves, « une fois que le rédacteur en chef était pris sur une autre tranche et avait validé l’ensemble de son journal ».

Rachid M’Barki a ensuite été licencié en février 2022 pour faute grave par Altice, le groupe auquel appartient cette chaîne qui a porté plainte. Une enquête interne avait aussi été ouverte.

Sollicité, son avocat n’était pas en mesure de répondre dans l’immédiat mardi. De leur côté, ni la chaîne BFMTV ni l’avocat d’Altice n’ont souhaité faire de commentaires.

Si l’ex-présentateur a déploré un « lynchage médiatique » et une « calomnie pure », il avait reconnu avoir diffusé des images fournies par « l’un de ses informateurs », le lobbyiste Jean-Pierre Duthion. Certaines de ces images avaient trait à un forum économique entre le Maroc et l’Espagne, organisé au Sahara occidental. Rachid M’Barki a assuré qu’il s’agissait d’« images neutres » et a toujours nié avoir été payé par Jean-Pierre Duthion. Il a également affirmé n’avoir eu « à aucun moment l’impression […] qu’il pouvait travailler pour quelqu’un qui essayait de manipuler une information ».

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