Vive dispute entre Saâdane et Deradji
L’émission «Studio El Can» diffusée dimanche dernier sur Echorouk TV, qui avait pour thème le rôle de Halilhodzic dans l’élimination prématurée des Verts dans la CAN-2013, s’est transformée en vive dispute entre Saâdane et Deradji.
Le journaliste a qualifié d’ «entraîneurs philosophes» ceux qui ont critiqué les choix et la tactique l’ex-coach de la Côte d’Ivoire, tandis que Saâdane a porté l’entière responsabilité de l’échec à Halilhodzic.
Saâdane: Tout est clair, on ne peut rien cacher au public
L’ex-sélectionneur des Verts a porté l’entière responsabilité de l’élimination de l’équipe nationale de la CAN à Halilhodzic tout en qualifiant la participation des Verts de catastrophique. «Nous avons beaucoup respecté cet entraîneur et l’avons laissé travailler à son aise pendant 18 mois, pour ne pas dire que Saâdane se mêle dans ses affaires. Mais, aujourd’hui nous pouvons évaluer la participation des Verts à cette CAN… Les résultats enregistrés sont calamiteux et inacceptables, car la sélection avait atteint un certain niveau lors de la CAN-2010, d’où il appartenait à cet entraîneur d’atteindre ce même tour ou plus, mais il a échoué. Lors de la CAN-2010, nous étions qualifiés en demi-finale, et cette année (CAN-2013) nous sommes éliminés dès le premier tour», a dit Saâdane, invité à l’émission diffusée sur Echorouk TV. Et de poursuivre: « Tout est clair, on ne peut rien cacher au public ».L’ex-coach des Verts a estimé que le coach bosniaque a échoué dans son travail élaboré. «L’entraîneur a pourtant largement de temps pour préparer une équipe forte. Il avait d’ailleurs sous les yeux 60 joueurs, et il en a sélectionné ceux qu’il voulait, mais il n’a pas mené à bien sa mission. Par conséquent, il est de notre droit d’évaluer son travail fait jusqu’ici. Lorsque vous prenez part à une Coupe d’Afrique, vous devez réaliser de résultats… C’est ça l’objectif», a déclaré Saâdane.
On pardonne à un entraîneur étranger et on ne pardonne pas à un entraîneur local. Où est alors la justice?
L’ex-coach des Verts s’est dit étonné de la décision de la FAF de renouveler sa confiance en Halilhodzic et des parties qui le défendent, en faisant allusion à Deradji en disant: «Je me demande pourquoi on tolère un entraîneur étranger et pas le sien… Lors de la CAN-2002, lorsque Madjer est sorti dès le 1er tour, il a été limogé, tandis qu’on fait encore confiance en Halilhodzic qui a échoué. Il faut qu’il y ait une justice dans le traitement d’entraîneurs étrangers et locaux», a-t-il estimé.Il a en outre qualifié cette élimination de catastrophe pour le public algérien qui, à ses yeux, s’attendait de la sélection de bons résultats lors de cette CAN, notamment après son absence de l’édition précédente (CAN-2010) organisée en Angola et en Guinée-Bissau. Selon Saâdane, les erreurs commises par Halilhodzic étaient bien claires qu’on ne peut dissimuler en commençant par l’erreur commise face à la Tunisie, lors du premier match. «S’il avait joué contre la Tunisie de la même tactique face au Togo, il aurait pu remporter le match et jouer tranquillement le second match», a-t-il estimé. Il a ajouté ne pas critiquer le coach bosniaque pour le critiquer, mais plutôt de par son expérience dans les terrains et les données de la CAN-2013, qu’il s’est mis à le critiquer.
Halilhodzic a été écarté de la Côte d’Ivoire… il n’ira pas loin avec les Verts
Pour parler de la carrière limitée de l’entraîneur bosniaque, Saâdane est revenu sur le match qui a opposé son team à celui de Halilhodzic (Côte d’Ivoire) en quart de finales de la CAN-2010. « En CAN-2010, il a eu entre les mains la meilleure équipe du continent et l’une des meilleures équipes du monde, mais il a perdu contre l’Algérie. Du coup, il a été évincé de la Côte d’Ivoire. Cela témoigne fort bien de son échec. A mon avis, je suis certain qu’il ne réussira pas avec les Verts et n’ira pas plus loin», a indiqué l’invité de Echorouk TV.
Personne ne m’a défendu. Qu’avaient fait les entraîneurs étrangers?
Saâdane a nié catégoriquement être défendu par Deradji lorsqu’il était à la tête de la sélection nationale. «Tu ne m’as pas défendu et vous ne m’avez pas toléré… En 2008, lorsqu’on a perdu face au Sénégal, personne ne m’a toléré. Au match retour, aucun n’a daigné venir assister au match… Personne ne m’a défendu… Puis, en raison d’un match nul face à la Tanzanie, on a fait un terme à ma mission avec les Verts. Aujourd’hui, on parle de la stabilité du staff technique dirigé par Halilhodzic. Il était souhaitable que l’on parlait de la stabilité du staff technique par le passé», a-t-il ouvertement répliqué à Hafid Deradji qui a appelé à la stabilité du staff actuel de l’EN qui jouera en mars prochain son 3e match comptant pour les éliminatoires du Mondial-2014.
Le salaire de Halilhodzic est un «secret d’Etat» mais le mien est un «secret de polichinelle»
Saâdane a vivement critiqué la politique de deux poids, deux mesures quant au traitement des entraîneurs étrangers et locaux, en mettant l’accent sur le «top secret» au sujet du salaire que perçoit le coach bosniaque, qui à ses yeux, a coûté cher à l’Algérie.«Halilhodzic a coûté cher à l’Algérie. Parler du salaire qu’il percevait est interdit, comme étant un secret d’Etat. Par contre mon salaire «brut» et non net a été un secret de polichinelle», a-t-il laissé entendre.
Quel est ton rôle à la FAF ? Avec 0 but marqué et 3 encaissé, ce n’est pas un succès
Saâdane qui semble ne pas accepter les critiques de Deradji faites à tous ceux qui ont critiqué Halilhodzic, en estimant que ce journaliste défend la Fédération algérienne de football (FAF).«Tu parles en tant que responsable de la FAF. Quel est ton rôle à la Fédération ? », lui a-t-il demandé ? Et de rétorquer à Deradji qui estime que la sélection a évolué dans le jeu: «Le public n’est pas dupe et connaît fort bien le football. La sélection n’a marqué aucun but, en revanche elle en a encaissé trois. On ne peut jamais qualifier ce bilan de positif et parler du bon jeu est faux».
Il faut se demander pourquoi Ziani, Belhadj et Antar Yahia avaient-ils été écartés?
Saâdane a de nouveau défendu ses idées en arguant que Halilhodzic a cassé les joueurs ayant fait les beaux jours de la sélection à Oum Dourman (Soudan) en disant: «La décision d’écarter Ziani, Belhadj et Antar Yahia de la sélection a été prise par des parties n’ayant aucun lien avec le sport. Même ceux qui ont décidé de prendre leur retraite internationale ont été poussés pour le faire et non par leur propre volonté… De ce fait, il appartient de se poser la question: Qui les a écartés de l’équipe nationale ?… Saâdane a rejeté catégoriquement l’idée de Deradji selon laquelle ces joueurs auraient pris délibérément leur décision de prendre une retraite internationale.
Deradji: Il y a une mauvaise foi, critiquer Halilhodzic est injustifié
De son côté, Hafid Deradji a fortement défendu Halilhodzic et critiqué en revanche ceux qui l’ont critiqué auparavant.Deradji a qualifié les critiques d’analystes et d’entraîneurs pour Halilhodzic de «rendement de compte» et de «mauvaise foi» de leur part vis-à-vis de la sélection nationale.Deradji, qualifié par Saâdane de défenseur de la FAF, a répondu: «Je ne me suis pas étonné de l’élimination des Verts dès le 1er tour de la CAN, car nous sommes tombés dans un groupe très fort. Ce qui me frappe, c’est la mauvaise foi de nombreux entraîneurs et journalistes qui critiquent le sélectionneur national, en évoquant les points négatifs sans autant soulever les points positifs…il y a bien évidemment un rendement de compte», a-t-il estimé. Et d’enchaîner: «L’équipe nationale a très bien joué et a montré de très beau football». Le journaliste algérien de Al Jazeera Sport a appelé la presse algérienne et la communauté sportive algérienne à «promouvoir le dialogue sur les plans éthique et éducatif», en faisant allusion à son refus affiché aux critiques faites à Halilhodzic.
Ne profitez pas des sentiments du public… n’oubliez pas qu’il y en a ceux qui détestent Saâdane
D’autre part, Deradji a appelé Saâdane et autres entraîneurs ayant critiqué Halilhodzic, de ne pas profiter de sentiments du public, en disant qu’il y a certains entraîneurs qui «ont de la rancune» mais sans autant les citer nommément.« Certaines parties cachent intérieurement certaines choses…il y a de la rancune dans les déclarations de quelques uns…De ma part, vu ma connaissance de plusieurs secrets je dois donner mon point de vue et appeler à ne pas profiter des sentiments du public algérien », a estimé Deradji. Il a fait savoir que les critiques sont légitimes mais à condition qu’elles soient de manière respectueuse.« S’il y a des gens qui aiment Saâdane, il y en a en revanche ceux qui le détestent », a affirmé l’ancien directeur général-adjoint de la Télévision algérienne.
Le problème ne réside pas dans le sélectionneur mais dans les entraîneurs philosophes
Par ailleurs, Deradji a exclu l’idée de l’échec de Halilhodzic en affirmant que le problème du football algérien réside dans ceux qu’il qualifie d’ « entraîneurs philosophes » qui ont critiqué le coach national.« Halilhodzic peut avoir tort ou avoir raison. A mon avis, le problème n’est pas Halilhodzic mais plutôt ces entraîneurs philosophes qui critiquent…Qu’ils cherchent d’abord des clubs à entraîner pour nous monter leurs capacités et leurs facultés, avant de se mettre à critiquer autrui », a indiqué l’ancien présentateur de l’émission « Stades du monde » diffusée sur l’ENTV.
Qu’avaient fait les entraîneurs locaux?
Deradji est allé même au bout de son intervention en critiquant les entraîneurs locaux ayant été désigné à la tête de l’EN. « Qu’est-ce qu’ont fait les sélectionneurs algériens en EN ? De nombreux entraîneurs algériens ont pris les commandes de la sélection mais ils n’ont pas gagné la Coupe d’Afrique en dépit de brillants joueurs qu’ils avaient dans les années 80 », s’est-il directement adressé à Saâdane en rappelant la participation des Verts à la CAN-1986 en Égypte sous la houlette de Saâdane.« Je ne remets pas en cause les résultats de Saâdane en équipe nationale. Il avait gagné des matches et l’en a perdu d’autres », a-t- il indiqué.
Les joueurs qui ont fait les beaux jours de la sélection à Oum Dourman ont démissionné délibérément
Deradji a écarté l’idée selon laquelle la FAF et Halilhodzic auraient cassé les joueurs ayant fait les beaux jours de la sélection en se prétextant qu’il y en a dans la sélection actuelle des joueurs ayant pris part au Mondial-2010 en Afrique du Sud. «Ces joueurs en question ont décidé délibérément de prendre leur retraite internationale et si vous avez d’autres informations qui prouvent le contraire, en s’adressant à Saâdane, montrez-les ? D’autres ont été écartés de la sélection pour avoir opté pour la championnat qatari qui diffère énormément du rythme africain », a ajouté Hafid Deradji.
Je ne parle pas au nom de la Fédération
Par ailleurs, Deradji a rejeté les accusations faites à son encontre par Saâdane et selon lesquelles il défendait la FAF et parlait au nom de Raouraoua. « Je ne parle pas au nom de la FAF. Je suis libre de donner mon point de vue et je ne crains personne de dire la vérité », a-t-il rétorqué à Saâdane.