Yémen : le président Saleh s'engage à « résister » devant une foule de partisans
Le président yéménite contesté, Ali Abdallah Saleh, s'est montré vendredi combatif devant une foule de partisans à Sanaa, se disant prêt à « résister » après l'échec des tractations avec un général dissident…
« Le peuple veut Ali Abdallah Saleh », lui ont-ils répondu, en brandissant des portraits du président et des banderoles à sa gloire. « Par notre âme, par notre sang, nous nous sacrifierons pour Saleh ». « Nous résisterons. Nous résisterons », a martelé Saleh, devant les rangs serrés de ses partisans, parmi lesquels de nombreux hommes des tribus. Il a qualifié cette mobilisation de « réponse volontaire » à ses détracteurs, rassemblés sur une autre place de Sanaa, baptisée la place du Changement, près de l’université de Sanaa. Aucune estimation officielle n’a été donnée pour le nombre des manifestants dans les deux camps, mais selon des correspondants de presse, les deux rassemblements rivaux comptaient plusieurs centaines de milliers de personnes.
L’apparition de Saleh, affaibli par des défections dans l’armée, les tribus, l’élite religieuse et son propre parti, intervient au lendemain de l’échec d’une tentative de conciliation avec l’homme fort de l’armée, qui a rallié la contestation. Selon une source proche des discussions, une rencontre jeudi soir entre le président et le général dissident Mohsen Ali al-Ahmar a « échoué à désamorcer la crise ou à rapprocher les points de vue des deux parties ». La rencontre a eu lieu à la résidence du vice-président, Abd Rabbo Mansour, en présence des présidents de la Chambre des députés et du Majlis al-Choura, ou Conseil consultatif.
Vendredi, Saleh a répété qu’il était disposé à remettre le pouvoir mais « dans des mains sûres », a-t-il dit, « non entre les mains de revanchards et de corrompus ». « Nous ne pouvons pas céder le pouvoir à une infime minorité », a-t-il encore dit, ajoutant en s’adressant à ses partisans que « c’est à vous de remettre le pouvoir et non à des démagogues et à des anarchistes ». L’opposition avait appelé à une nouvelle journée de mobilisation pour réclamer le départ du chef de l’État, mais a reporté au 1er avril un projet de marche sur le palais présidentiel. Outre le départ du président, de ses enfants et cousins qui dirigent des unités militaires et policières, les protestataires réclament aussi un Conseil national de transition, et une nouvelle Constitution instituant un régime parlementaire à soumettre à référendum dans un délai de trois mois.