Bouhadja: “La situation de blocage mène inéluctablement à la dissolution du Parlement”
Le président de l’Assemblée populaire nationale, Saïd Bouhadja s’est dit, dans cet entretien qu’il nous a accordé, qu’il était prêt à négocier avec les chefs des groupes parlementaires sur sa démission à condition que ceux-ci renoncent aux accusations fabriquées de toute pièce.
Le troisième homme de l’Etat a pointé du doigt le ministre des Relations avec le Parlement, Mahdjoub Bedda d’être à l’origine du complot concocté contre lui pour le pousser à la porte de sortie, affirmant qu’il ne se laisse pas faire.
Le ministre des Relations avec le Parlement s’est dédouané de toute responsabilité dans l’affaire des députés qui revendiquent votre départ de la tête de l’Assemblée et a nié avoir eu une communication avec vous. Quel commentaire faites-vous à ce sujet?
Le ministre Bedda est à l’origine de cette action illégale. Il est l’instigateur. Il a agi ainsi après avoir tenté vainement d’intervenir auprès de moi pour défendre un administrateur de l’Assemblée (secrétaire général) que j’ai limogé en suivant mes prérogatives. Il est même allé jusqu’à me dire qu’il était porteur d’une décision de ma destitution émanant de la présidence de la République. Il n’a d’ailleurs aucun droit de s’ingérer dans l’organisation des structures de l’administration que je gère en tant que président de l’APN.
En effet, ce sont ceux qui étaient, il y a peu, des alliés qui ont félicité mes activités et ma bonne conduite en instaurant de la sérénité et du calme dans l’hémicycle qui ont fini par se retourner contre moi et m’accuser à tort.
Qu’est-ce qu’ils vous reprochent au juste?
Ils se sont basés sur des prétextes mensongers que je réfute catégoriquement. Je répète à cet effet que le limogeage d’un fonctionnaire relève de mes prérogatives. Quant au recrutement par complaisance, comme ils le prétendent, c’est un argument infondé et j’en ai les preuves. Je suis prêt à déposer ma démission car je ne suis plus de ceux qui s’attachent à leur poste. Comme le chef du groupe parlementaire du FLN a pris la parole sur le plateau d’une chaîne de télévision pour citer les arguments qui me pousseraient à la démission, j’ai décidé de changer d’avis.
Vous refusez donc de jeter l’éponge?
Je ne démissionnerai que dans un cadre légal. Je quitte l’hémicycle propre et je ne laisse quiconque salir ma réputation quelques soient les circonstances. J’appartiens à une institution de l’Etat qui ne se soumet guère à des injonctions provenant de l’extérieur. Je ne laisse jamais une cellule partisane prendre le contrôle d’une institution de l’Etat régie par la Constitution ou par une loi qui protège une institution élue par le peuple. Les députés qui ont mené une action contre moi doivent relire la loi qui définit leurs prérogatives, les miennes…
D’après vos dires, il y a des gens qui tentent de ternir votre image?
Ils tentent de me pousser à la démission. Je leur dis que le moudjahid, que je suis, ne craint personne et ne cède jamais à la pression. Je ne démissionnerai jamais sauf si la partie qui m’a nommé le décide…Je suis propre, je suis un homme de l’Etat qui applique et fait appliquer la politique de l’Etat.
Certains lectures estiment que si vous n’avez démissionné de votre, c’est parce que vous aviez eu du soutien de quelque partie influente au pouvoir?
Pas du tout! Je ne jouis du soutien d’aucune partie. Je suis simplement protégé par la loi…Je suis prêt à démissionner si on me disait que mon départ serait au service de l’Assemblée et du pays…
Les activités du Parlement sont gelées. Ce blocage ne mènera-t-il pas à une dissolution de l’Assemblée nationale?
La situation de blocage mènera inéluctablement à la dissolution du Parlement. Mais ceux qui complotent contre moi ne le souhaitent pas. Je respecte les décisions du gel des activités.
Comment imaginez-vous le dénouement à cette crise?
En tout cas, moi je suis disponible pour négocier ma démission à condition que les chefs des groupes parlementaires renoncent à leurs prétextes fabriqués de toute pièce et à la méthode incivilisationnelle qu’ils ont employée pour me pousser à la sortie.
Avez-reçu un appel du Premier ministre, Ahmed Ouyahia ?
Non, il ne m’a jamais appelé. Aucune autre partie ne m’a contacté non plus.
Le secrétaire général de votre parti vous préconise de sortir par la grande porte. Qu’en dites- vous à cet effet ?
Je n’ai pas de problème avec Ould Abbès. Je m’attache à la légitimité. Il (Ould Abbès) doit respecter ma légitimité car il est en train de détruire les institutions de l’Etat.
Propos recueillis par: Samira Belaâmeri / Traduit par: Moussa. K.