Bouteflika mène une médiation entre Damas, le Caire et Ryadh
Malgré la divergence des opinions des analystes et des politiques sur les résultats du sommet arabe qui s'est tenu à Damas les 29 et 30 mars dernier, tous s'accordent à dire que la rencontre a permis d'atténuer les positions rigides de certains pays arabes, elle a fait renaître l'espoir de voir les relations interarabes se réchauffer à la lumière de la conviction commune que les problèmes et les crises dont souffrent la région sont dus à la division des arabes.Les regards sont à présent tournés vers l’ère post-sommet de Damas, surtout après le coup de starter donné aux médiations pour rapprocher les capitales arabes. La forte présence du Maghreb Arabe au sommet semble avoir aidé à l’assouplissement des positions et à l’impulsion de l’action pour réconcilier les arabes entre eux, comme condition préalable à la résolution des problèmes arabes, avec au premier plan la sévère crise qui frappe le Liban.Dans ce cadre, interviennent les déplacements du président Abdelaziz Bouteflika pour une médiation syro égyptienne d’un côté, et syro saoudienne, de l’autre.
Après les assurances de la Syrie, hôte du sommet, le président Bouteflika s’est envolé au Caire pour faire personnellement part des résultats des travaux à son homologue Hosni Moubarek.
La visite du chef de l’état algérien en Égypte qui a pris fin hier est intervenue à l’invitation officielle du président Moubarek. Cependant, une source syrienne indique que le président Bachar El Assad après concertation avec les dirigeants arabes a chargé Bouteflika d’entreprendre une médiation entre Damas et le Caire dans un premier temps. Ensuite entre Damas et Ryadh.L’ambassadeur Slimane Aouad, porte-parole officiel de la présidence de la république égyptienne a déclaré que les deux chefs d’état ont discuté hier, deux heures et demi durant à huis clos d’un certain nombre de questions régionales et bilatérales d’intérêt commun. Ils ont également abordé les questions soulevées par le 11ème sommet arabe et de ses résultats.Vu le poids de l’Algérie dans le monde arabe et ses bons rapports avec les trois capitales sus citées, on compte beaucoup sur le président Bouteflika pour rompre la glace entre elles. La mission ne sera pas aisée pour convaincre la partie égyptienne. L’Égypte et l’Arabie Saoudite ne cessant d’accuser la Syrie d’entraver l’élection d’un président au Liban, le président syrien n’a pas omis, à l’ouverture des travaux du sommet arabe, de réaffirmer que la résolution de la crise au Liban était du ressort exclusif des libanais.