Des Algériens dans les rangs des combattants de l’Armée syrienne libre
Une guerre féroce se produit à Alep, et précisément à Salah Eddine emportant tout dans son passage, tel est le scénario que vit la deuxième ville syrienne, Alep, encerclée des jours durant par des chars. La vie humaine ne vaut pas quelques dollars ou deux cigarettes, tel est le témoignage des détenus pro-régime de Bachar al-Assad arrêtés et incarcérés par les combattants de brigades de l’ASL à Alep.
Alep, tout comme les autres villes du pays, à l’instar Salah Eddine, Sekri, Al Ansari, Seif Al Dawla et El Hamdania qui sont en proie à des bombardements qui continuent à semer la terreur dans ces régions sus-citées à l’heure où on met sous presse.
Notre envoyé spécial raconte : Il y a un mois j’étais en Algérie, j’ai cru que ma visite aux lieux de combats en Syrie ne durera pas plus d’une semaine, mais tous les calculs que j’ai faits étaient erronés face à des tirs de différentes armes, snipers, roquettes ainsi que d’armes lourdes qui marquent le quotidien de la deuxième ville syrienne.
Une véritable terreur
L’envoyé spécial préfère ne pas parler en ce moment de ce qui s’est passé les premiers jours de son arrivée en Syrie, mais il relate ce qui se passe actuellement à Salah Eddine, l’épicentre de violents combats.
Aujourd’hui, à 5 heures du matin, je n’ai pas pu dormir en raison du vacarme causé par les tirs de différents types d’armes et les hurlements des blessés. Lorsque je me suis levé, je me suis rendu compte que j’étais devant deux cadavres de deux jeunes gens tués par des balles d’un sniper. Des mares de sang se sont composées aux alentours de la salle basse d’une mosquée, laquelle semble être un abattoir destiné aux êtres humains et non aux animaux.
J’ai dû rassembler toutes mes forces pour tenir bien face à des scènes horribles, où des dizaines de Syriens gisaient dans la mare de sang.
J’ai été encerclé deux heures durant à l’intérieur d’une ambulance au côté d’un médecin, tué quelques jours seulement après cet incident.
Un musulman russe risque sa vie en faveur des Syriens
Aujourd’hui, dans la rue 15 de Salah Eddine, pas moins de 33 personnes ont trouvé la mort. Dans ce quartier, il n’y a que moi à ce moment avec ma caméra et pas un autre journaliste.
Quelques moments plus tard, un médecin touché dans la tête m’a rejoint dans ce quartier, dont son ambulance a été attaquée au niveau de la rue 15, à El Hamdania alors qu’il sortait pour évacuer des blessés et les cadavres.
Taché du sang, le médecin tentait de sauver la vie à un jeune touché par une balle.
Les Syriens que j’ai rencontrés aujourd’hui et ceux des jours précédents ce mettaient tous à implorer le Dieu pour qu’Il batte al-Assad et ses soldats qui continuent à sillonner les villes syriennes et à n’hésiter pas d’user de leurs armes, voire même des hélicoptères et des avions de guerre contre une population meurtrie.
Lors de mes sorties à Alep, j’ai été accompagné par des combattants, dont le chef de la brigade d’Abou Amara Cheikh Abou Abdallah, Abou Issehak Bassam, blessé hier par une balle au niveau du foie, lequel se trouve évanoui en ce moment et reçoit des soins que lui prodigue un médecin musulman russe.
Celui-ci est venu spécialement de la Russie pour Alep en vue de venir en aide à des Syriens qui tombent quotidiennement.
« Il est injuste que je laisse mourir des musulmans comme moi, tués par le tyran et ses sujets sans leur porter secours. C’est pourquoi je suis ici, avec tant d’autres. Nous, on aime la mort comme eux aiment la vie », m’a-t-il confié.
Là où je me trouve, je tiens toujours à prendre des photos, car je suis persuadé que l’histoire doit être écrite avec tous ces crimes contre l’humanité qui se produisent dans ce pays, car la population syrienne appelle le monde entier à leur venir en aide en mettant la pression sur le régime syrien à cesser de commettre d’autres crimes.
Ce qui devra faire la différence dans ces combats en Syrie, l’entrée de combattants arabes et étrangers originaires de l’Algérie, de la Tunisie, du Maroc, de la Libye, de l’Égypte, de la France, de l’Allemagne, de Suède, des USA pour combattre aux côtés des civils Syriens opprimés par le régime de al-Assad.
Interrogés sur les raisons qui les ont conduites à quitter leur pays et familles respectives pour venir en Syrie, je me sui rendu compte qu’ils se sont mis d’accord sur la nécessité de venir en aide à ces musulmans.
Bien qu’ils sont venus de différents pays, dont la Suède, le Danemark, l’Irak et l’Algérie… mais ils s’entendent sur le secours à porter aux Syriens qu’ils qualifient de devoir à accomplir envers cette population déchirée.