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Echorouk en visite à Sidi-Fredj: un camp de réfugiés sans réfugiés

الشروق أونلاين
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Le responsable du camp des réfugiés syriens à Sidi-Fredj, Hamid Ghoul a déclaré à Echorouk que depuis la mise en place de ce camp au profit des réfugiés syriens, quarante personnes ont été emmenées, au 1er jour, par le Croissant-Rouge algérien (C-RA) à qui « nous avons préparé des plats algériens, mais elles refusent de les prendre et nous nous sommes excusés auprès d’elles pour avoir ignoré les plats préférés des Syriens pendant le Ramadhan.

Au 2e jour, a ajouté Hamid Ghoul, nous avons doté de bouteilles de gaz butane toutes les familles et tout ce dont elles ont besoin comme ustensiles et autres pour leur permettre de préparer elles-mêmes leurs repas et nous avons aussi préparé 200 repas.

Malgré ces moyens mis à disposition de ces Syriens, nous avons été surpris par la désertion de ce centre par ces réfugiés, dont certains ont préféré rester au Square Port-Said que devenir à ce centre.

Par conséquent, nous avons jeté dans des poubelles une partie de ce qu’on a préparé et le reste a été remis aux agents de Netcom.

Dans ce centre, Echorouk n’a rencontré qu’une seule famille, Fahmi, qui a préféré rester dans ce centre que de camper dehors.

SG du C-RA à Echorouk: « Nous ne comprenons rien à ces Syriens… sont-ils en fait des réfugiés ou des mendiants?»

Le secrétaire général du Croissant-Rouge algérien, Lahcène Bouchakour, a révélé dans cette interview accordée à Echorouk les dernières dispositions prises par les autorités algériennes en vue de prendre en charge les réfugiés syriens ayant fui leur pays, en affirmant que bon nombre de ces derniers refusent de venir au centre de Sidi-Fredj, et que certains d’eux préfèrent vivre comme étant des mendiants.

«Si ces Syriens qui se trouvent en Algérie refusent d’aller dans des camps de réfugiés et préfèrent aller dans des hôtels, ils ne doivent donc pas mendier, et qu’il est défendu aux citoyens de leur donner l’aumône », a-t-il souligné.

Echorouk: Où l’on en est de la prise en charge des réfugiés syriens en Algérie ?

L.B: Le C-RA a donné des instructions à toutes ses sections au niveau des wilayas du pays d’ouvrir en coordination avec les ministères de l’Intérieur et de la Solidarité nationale des centres à travers les wilayas où se trouvent des réfugiés syriens, afin de les prendre en charge.

A Alger, à titre d’exemple, le camp de Sidi-Fredj a été aménagé pour accueillir les familles syriennes. A son niveau, toutes les conditions sont réunies pour leur permettre d’observer le mois de Ramadhan dans des meilleures circonstances, sachant également qu’elles peuvent bénéficier d’une prise en charge médicale.

Echorouk: Combien de familles avait le C-RA prit-il en charge ?

L.B: Franchement, nous nous sommes surpris par leur attitude, en refusant de venir s’héberger dans ce centre de réfugiés aménagé spécialement pour eux. Au 1er jour, nous avons fait venir quelques familles au centre, mais ces dernières l’ont vite quitté, préférant ainsi rester au Square Port-Said. Nous sommes allés aussi dans des hôtels à Alger, où des Syriens ont loué, leur demandant de venir s’héberger au camp de Sidi-Fredj, mais ils refusent.

Echorouk: Excusez-moi Monsieur, certains Syriens trouvent que ce camp est une humiliation pour eux ?

L.B: Les portes sont ouvertes devant les journalistes pour confirmer que ce camp de Sidi-Fredj offre de meilleurs moyens à eux que de se mendier dans les rues et ruelles de la capitale. Le Centre leur garantit au moins de la sécurité et leur offre des repas chauds, comme il dispose aussi des couches-bébés pour les nourrissons, du lait , sachant également qu’il dispose de près de 200 lits.

Echorouk: D’après-vous, pourquoi ces Syriens refusent-ils de se loger dans ce centre ?

L.B: Nous en tant que des membres du C-RA, y compris les parties qui traitent du dossier des réfugiés syriens en Algérie, avons du mal à comprendre leur refus de se loger dans ce centre. Eux, ils ne nous ont donné aucun prétexte convainquant, voire logique, et ils préfèrent vivre comme des mendiants. C’est ce que nous refusons fermement d’ailleurs. L’Algérie refuse que des Syriens soient humiliés, comme elle refuse que ces derniers prennent d’assaut les mosquées pour demander l’aumône et manger et dormir à ciel ouvert.

Echorouk: Quels arguments vous ont-ils donnés pour justifier ce refus ?

L.B: Nous ne savons toujours pas pourquoi ils prennent une telle position. Moi, personnellement, je suis resté avant-hier à leur côtés jusqu’à 3 heures du matin, tentant vainement les convaincre par tous les moyens. Eux, ils se regroupent pour prendre une décision à l’unanimité et avancent des prétextes illogiques. Ils se disent qu’ils possèdent de l’argent pour louer dans des hôtels. Si vraiment, ils ont de l’argent, je me demande donc pourquoi mendient-ils alors dans les rues ?

Echorouk: Je retiens d’après vos dires, que vous allez les forcer pour rentrer dans les camps de réfugiés ?

L.B: Je vous dis que nous refusons la mendicité qu’ils exercent dans les rues d’Alger et d’autres wilayas du pays. L’Algérie n’est pas un pays de mendicité, nous leur avons offert des moyens pour vivre dignement dans le pays. Je lance appel, à travers votre journal, à l’ensemble des Algériens désireux de venir en aide aux familles syriennes, de s’approcher des centres du Croissant-Rouge algérien et à ne pas les encourager à mendier.

Il est défendu de donner l’aumône aux Syriens, pour ne pas les encourager encore à mendier.

L’opposant syrien, Salem Abu Zad: « Nous refusons mendier au nom de la révolution syrienne »

Le membre du secrétariat général du Bloc national démocratique syrien, Salem Abu Zad, a dit qu’il refuse catégoriquement que des Syriens recourent à la mendicité en Algérie en affirmant: Nous refusons de mendier au nom de la révolution syrienne. Ceux qui exercent la mendicité dans les mosquées et les places publiques en Algérie, ne sont que des gens connus pour leur cupidité au gain facile. Ils ont l’habitude de mendier déjà en Syrie.

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