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Égypte: 7 morts lors de violentes manifestations

الشروق أونلاين
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Dans un climat de tension politique et de crise économique, l’Égypte a vécu, vendredi 25 janvier, une nouvelle journée de manifestations à l’occasion du deuxième anniversaire du début du soulèvement populaire, qui contraignit Hosni Moubarak à la démission début 2011.

Sept personnes sont mortes – six à Suez et une à Ismaïliya (nord-est) – et plus de 450 autres blessées au total dans douze gouvernorats, selon un décompte des autorités égyptiennes.

Le climat a été alourdi, samedi matin, par la condamnation à mort de 21 des accusés du drame de Port-Saïd. Ils ont été jugés responsables de la mort de 74 personnes à l’issue d’un match de football à Port-Saïd (nord-est) en février 2012. Les “Ultras” du club cairote d’al-Ahly, qui assurent compter la grande majorité des victimes, avaient menacé de manifestations violentes et d’une “nouvelle révolution” s’ils n’obtiendraient pas justice.

Vingt-et-un condamnés à mort dans le procès du drame du stade de Port-Saïd

“DAGAGE, DÉGAGE !”

L’opposition avait appelé à défiler à travers le pays contre le président islamiste Mohamed Morsi et les Frères musulmans dont il est issu, accusés de dérive autoritaire, en reprenant les mêmes mots d’ordre qu’il y a deux ans : “Pain, liberté, justice sociale”. “Sortons vers les places pour finaliser les objectifs de la révolution”, a appelé sur Twitter Mohamed El Baradei, l’une des figures de proue de l’opposition laïque.

Au Caire, des manifestants se sont rassemblés aux abords de l’immeuble qui abrite la télévision d’Etat et le ministère de l’information, avant de se rendre place Tahrir dans le centre-ville. Une foule de milliers de personnes y est rassemblée. Une énorme pancarte était déployée sur la place avec l’inscription “Le peuple veut faire tomber le régime”, tandis que la foule scandait “dégage, dégage!” à l’encontre de M. Morsi, comme pour M. Moubarak il y a deux ans. Certains ont passé la nuit sur cette place, qui fut l’épicentre de la révolution de janvier-février 2011.

Depuis jeudi soir, des accrochages sporadiques opposent, dans les rues autour de cette place, la police à des centaines de jeunes gens. En lançant pétards et cocktails Molotov, ils ont notamment tenté de démanteler un barrage de blocs de béton pour permettre aux manifestants de circuler librement dans le centre-ville.

Le ministère de l’intérieur, qui a indiqué que cinq policiers avaient été blessés, a appelé les manifestants à éviter les confrontations avec les forces de l’ordre. D’autres rassemblements sont prévus devant le palais présidentiel d’Héliopolis dans la banlieue de la capitale, ainsi que dans plusieurs villes de province comme Alexandrie (nord) et Assiout (centre).

Les Frères musulmans n’ont pas officiellement appelé à manifester vendredi. Pour marquer le deuxième anniversaire de la “révolution”, ils ont lancé une initiative intitulée “Ensemble nous construisons l’Egypte”, rassemblant une série d’actions sociales et caritatives. “Les Frères sont très préoccupés par l’escalade, c’est pourquoi ils ont tenté de ne pas apparaître au premier plan le 25 janvier”, analyse Shadi Hamid, directeur de recherches du Brookings Doha Center.

Les laïques et les libéraux, rassemblés au sein du Front du salut national (FSN), accusent les Frères musulmans de vouloir dominer le pays et de restreindre les libertés civiques, notamment depuis l’adoption, en décembre par référendum, d’une Constitution controversée.

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