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Égypte: fin tragique d’une génération en or

الشروق أونلاين
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Les Égyptiens se trouvent toujours sous le choc, non seulement pour la situation chaotique de leur pays au plan politique, mais aussi pour la lourde défaite encaissée à Koumassi (6 à 1) à l’occasion du match aller des barrages qualificatifs au Mondial-2014 au Brésil, dans le rêve tant attendu vient quasiment d’évaporer une nouvelle fois.

Serait-il une fin de carrière pour une équipe qui a dominé tout le continent africain et raflé trois titres africains de suite lors des éditions 2006, 2008 et enfin 2010 ? En effet, la star du football égyptien, Mohamed Aboutrika, a annoncé sa retraite à la fin du match retour face au Ghana, le 17 novembre prochain et à la fin des matches de la Ligue des champions d’Afrique, et ce après une série de vives critiques dont il a fait objet de la part des analystes et des critiques. Outre Aboutrika, des analystes ont tiré à boulets rouges sur les joueurs dits vétérans de la sélection égyptienne auxquels ils imputent la responsabilité de la plus lourde défaite concédée par les Pharaons de leur histoire et exigé de donner la chance aux jeunes joueurs.Contrairement à Aboutrika, le capitaine d’équipe égyptienne et de Al Ahly, Wael Jumâa auteur du deuxième but pour les Black Stars (csc) a déclaré, selon les médias égyptiens, qu’il ne cède pas aux critiques des observateurs et que c’est à lui seul de décider de mettre fin à sa carrière internationale en affirmant: « Y a-t-il une personne qui a imaginé cette défaite de 6 à 1 ?  Pourquoi ne pas réaliser une victoire de 5 à 0 au Caire ? ». Quant à son éventuelle retraite,  le capitaine Wael Jumâa a été affirmatif: « C’est à moi de décider si je m’arrête de jouer avec la sélection ou pas. En tout cas, cette décision je la prendrais au moment opportun ».

La chance du Mondial ne sourit toujours pas aux Pharaons

Les Égyptiens qui ont tant attendu ce rêve d’une qualification au Mondial, dont la dernière participation remonte à 1990 en Italie, voient leurs chances d’une éventuelle qualification compromises après cette correction à Koumassi, où les joueurs s’étaient effondrés face à une domination quasi-totale des Ghanéens qui n’ont laissé aucune chance à leurs adversaires.Une défaite qui non seulement laisse des traces indélébiles dans les esprits des fans des Pharaons, mais qui marque également une fin de carrière d’une équipe coriace aux joueurs talentueux, dont Aboutrika, Wael Jumâa, Ahmed Hassan…qui ont dominé le continent et qui se prosternent en remerciant Dieu.Cette brillante génération qui a remporté trois coupes d’Afrique consécutives en 2006, 2008 et 2010 et procuré de la joie au public égyptien amoureux de la balle ronde,  ne réussit pas toutefois à qualifier leur équipe à une grande manifestation internationale, à savoir la Coupe du Monde.

Les Égyptiens doivent-ils attendre un autre Mondial italien pour se qualifier à ce grand rendez-vous footballistique?

Vu le score avec lequel s’est achevé la rencontre Ghana-Égypte (6 à 1), disputée mardi dernier, les Égyptiens ne se qualifieraient pas au Mondial Brésilien en juin prochain, eux qui ont participé à deux reprises en 1934 et en 1990. Il est utile de souligner que les deux éditions auxquelles la sélection égyptienne a pris part (1934-1990) étaient organisées en Italie. C’est ce qui a fait réagir un Égyptien sur son compte facebook en s’interrogeant: « La sélection égyptienne doit-elle attendre une autre Mondial en Italie pour qu’elle se qualifie?» une question qui reflète fort bien la déception du public égyptien, dont le rêve de voir son équipe en Coupe du Monde reporté à une date sine die.     

La génération d’Aboutrika mériterait une qualification au Mondial… n’était le comportement…

Les observateurs s’accordent à dire que la sélection égyptienne qui jouit de tous les atouts, les moyens nécessaires et des joueurs talentueux, qui  a renforcé son emprise sur le continent, mériterait participer au moins une fois à la Coupe du Monde, n’était le comportement des hommes politiques de ce pays, dont les joueurs faisaient les frais.Selon des internautes, la sélection égyptienne aurait pu se qualifier au Mondial 2010 en Afrique du sud, elle qui était tombée dans un groupe composée d’Algérie, de la Zambie et de Rwanda, n’était le comportement des dirigeants de ce pays, notamment les pro-Moubarak, dont tout le monde se rappelle de l’agression lâche dont fait l’objet les joueurs de la sélection algérienne en déplacement au Caire à l’occasion du match retour des éliminatoires de la Coupe du Monde.Ayant voulu se qualifier au Mondial 2010, les politiques et les responsables, dont le fils du président Moubarak, Gamal, prétendant successeur de son père, ainsi que le président de la fédération égyptienne de football, Samir Zaher, s’étaient permis tous les moyens, y compris la sauvagerie, pour réaliser ce rêve. En effet, un trois à zéro aurait qualifié l’Égypte, mais ce match qui a été disputée dans des conditions catastrophiques et dans un climat très tendu s’est achevé sur le score de 2 à 0 en faveur des Égyptiens appelés à un match barrage à Omdourman.  C’est là que les Algériens, déterminés d’arracher ce billet de qualification, s’étaient illustrés en jouant courageusement et remportant ce match historique grâce à un but inscrit par Antar Yahia d’un tir fulgurant.  

La défaite à Koumassi serait-elle une bénédiction pour les frères Égyptiens?

Ce qui s’est produit à Omdourman semble identique à ce qui s’est passé à Koumassi mardi dernier à l’occasion de match aller des barrages qualificatifs à la Coupe du Monde entre le Ghana et l’Égypte, dans le match aurait des fins politiciennes.En effet, Abdel-Fattah Al-Sissi, le général qui a mené un coup d’Etat contre le président Mohamed Morsi aurait ordonné la Fédération égyptienne de football d’assurer la sécurité lors du match retour et mettre tous les moyens nécessaires à la disposition de la sélection en vue de concrétiser le rêve tant attendu.Autrement dit, les manœuvres de ce général, auteur du coup de force perpétré le 3 juillet dernier, sont semblables à celles de Moubarak qui a voulu installer son fils au trône. Idem pou Al-Sissi qui tente par tous les moyens attirer la sympathie du peuple égyptien déchiré, pour arriver au pouvoir.   

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