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Faute de capacités d'accueil dans les centres spécialisés, les malades mentaux n’ont que la rue

الشروق أونلاين
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Faute de capacités d’accueil et le nombre limité du personnel médical spécialisé, les hôpitaux psychiatriques algériens ont réduit de six mois à deux mois la durée de soins accordée aux malades mentaux.

Il y a environ un million de malades souffrant de troubles mentaux en Algérie, a indiqué le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière dans le dernier rapport sur la santé mentale. Les spécialistes quant à eux ont un autre avis puisqu’ils estiment que le nombre de personnes souffrant de maladies psychiatriques et troubles mentaux dépasse de loin le chiffre avancé par le ministère de la Santé.

Faute de capacités d’accueil, les établissements hospitaliers spécialisés dont dispose l’Algérie ne sont pas en mesure d’accueillir ces malades. Pis encore, la durée des soins de deux mois accordée à cette frange de la population n’est pas suffisante. Outre ce problème, les spécialistes soulèvent le manque de personnel médical spécialisé dans ce domaine. Les médecins, infirmiers et le personnel paramédical refusent de se spécialiser dans ce créneau à cause de l’inexistence d’une prime de risques. A titre d’exemple le nombre de médecins spécialistes travaillant dans ce domaine ne dépasse pas les 615. Tous ces problèmes et difficultés ne sont pas sans conséquences sur la société, puisque une grande partie de ces malades n’a que la rue pour l’accueillir. Pour une autre partie plus « chanceuse », ce sont leurs familles qui les prennent en charge.

Aujourd’hui, l’Algérie ne dispose que de 16 hôpitaux psychiatriques spécialisés et 30 services de psychiatrie au niveau des établissements hospitaliers ordinaires. Au niveau des Centres hospitalo-universitaires (CHU), il n’y a que six centres de psychiatrie d’une capacité d’accueil ne dépassant pas les 4 850 lits. Pis encore, la majorité de ces services existant au niveau des CHU refusent d’accueillir les malades mentaux.

Pour résoudre ce problème et prendre en charge cette catégorie, le ministère de la Santé a prévu la réalisation de 18 établissements spécialisés dans le traitement et la prise en charge des malades mentaux. 10 de ces projets sont déjà en chantier. Mais en dépit de ces efforts, les rues algériennes continuent d’ «accueillir» les malades souffrant de troubles mentaux. Hiver comme été, de nuit comme de jour, ces malheureux souvent pieds nus, sales, très mal habillés et des fois nus, sillonnent nos rues du lever au coucher du soleil.

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