Faute de main d’œuvre, des récoltes de tomate et de pomme de terre pourrissent dans nos champs
Les agriculteurs mettent en garde contre une crise d’approvisionnement en produits agricoles de première nécessité, notamment la pomme de terre, la tomate et l’oignon. A l’origine de cette crise, le flagrant manque de main d’œuvre dans le secteur agricole.
Une crise d’approvisionnement en produits agricoles n’est pas à écarter en algérien vu que des récoltes de pomme de terre, tomate industrielle et oignon pourrissent dans les champs faute de main d’œuvre pour les récolter. C’est en tout cas ce qu’ont déclaré à Echorouk des agriculteurs de différentes régions du pays.
«Un flagrant manque de main d’œuvre agricole est ressenti depuis quelques temps parce que beaucoup de jeunes algériens ont opté pour des projets dans le cadre du dispositif ANSEJ », a indiqué dans ce sillage Mohamed Tahar Kharchi de Sétif, agriculteur et aviculteur représentant les agriculteurs des wilayas de l’Est du pays. « Pis encore, certains chômeurs refusent de travailler dans le secteur agricole contre un salaire de 1500 DA/jour », a-t-il regretté. Dans le même contexte, il dira que les agriculteurs de Sétif étaient contraints de faire appel à des travailleurs des autres wilayas pour récolter des carottes contre 2500 DA/jour. Pour faire face à la rareté de la main d’œuvre qui paralyse le secteur agricole, Mohamed Tahar Kharchi n’exclu pas le recours à la main d’œuvre étrangère pressente en Algérie de manière illégale, à savoir les travailleurs africains et les chinois.
De son côté, Rabah Djilali, agriculteur de la wilaya de Tiaret et représentant des agriculteurs des wilayas de l’Ouest du pays, a dit dans un appel à Echorouk que les productions de la pomme de terre et de tomme industrielle ont été importantes cette année. Or, les agriculteurs n’ont pas pu les récolter à cause de la rareté de la main d’œuvre agricole. « Des quantités importantes de tomate ont pourri dans les champs faute de main d’œuvre pour le récolter », a-t-il regretté. Même constat a été fait pour la pomme dette. Partageant l’avis de son confrère de Sétif, cet agriculteur propose lui aussi de faire appel à la main d’œuvre étrangère, notamment tunisienne et marocaine.