La sortie de Benyounès: est-ce une provocation ou un changement de camp?
L’un des fervents partisans du cercle présidentiel, en l’occurrence le président du Mouvement populaire national (MPA), Amara Benyounès continue de faire parler de lui, dont certains se demandent si ce dernier ne compte pas prendre ses distances avec le chef de l’Etat, et du coup du 5e mandant qui se profile.
Dans une sortie peu coutumière, le président du MPA a appelé à laisser le président Bouteflika à lui seul se prononcer sur le cinquième mandat : “Laissez le quatrième mandat s’achever d’abord ? Laissez le président de la République décider de son propre chef ?” Cette déclaration qui intervient dans un contexte marqué par une guerre non déclarée entre les partis au pouvoir, notamment entre les deux rivaux, le FLN et le RND, semble contenir bien des non-dits.
Ces propos peuvent naturellement passer inaperçus s’ils ne sont pas prononcés au lendemain d’une rencontre avec le patron du MSP, qui a – rappelons-le, appelé à laisser l’institution militaire (Armée) “accompagner une transition démocratique et pacifique du pouvoir”, d’autant plus que le secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès ne s’est pas attardé pour s’attaquer à l’initiative et à ses auteurs. Ce qui donne l’impression qu’il y ait quelque chose qui se prépare en catimini!
Ainsi, l’on peut déduire que les propos de l’ancien militant du RCD sont adressés au patron du FLN qui n’a de cesse d’appeler le président Bouteflika à briguer un 5e mandat, tout comme le secrétaire général du RND, Ahmed Ouyahia qui a, de son côté, sollicité le chef de l’Etat de continuer son œuvre.
Ould Abbès a d’ailleurs qualifié la rencontre Makri-Benyounès de “contraire à la nature”, ce qui renseigne de la fureur des partisans du cinquième mandat quant à la déclaration de Benyounès – qui ne rime pas avec la cohésion qui devrait régner au sein des partis dits de l’alliance présidentielle.
En tout cas, le MPA ne s’est pas non plus laisser faire en réagissant illico par la voix du chef de groupe parlementaire, Barbara Cheikh: “Nous rencontrons ceux que nous voulons et nous n’avons pas de leçon à recevoir de personne”.
En effet, l’ancien ministre du Commerce ne s’est toujours pas prononcé sur le 5e mandat, laissant ainsi le dernier mot aux instances de son parti.
Une chose est sûre, c’est que la position de Benyounès peut s’expliquer par deux hypothèses: primo, il pourrait s’agir d’une provocation politique, c’est-à-dire, il soutiendrait le 5e mandat contre un certain nombre d’avantages et de privilèges.
Secundo, il pourrait signifier un divorce avec l’alliance présidentielle, qui pourrait s’avérer fatal pour celui qui est habitué d’être près des centres de décision et du pouvoir.
Il n’est secret pour personne que Amara Benyounès constitue un des soutiens fidèles au président Bouteflika, et ce depuis qu’il avait claqué la porte du parti dont il était membre fondateur, à savoir le RCD.
Mohamed Meslem / Traduit par: Moussa. K.