Le peuple a dit son mot…la balle est “désormais” dans le camp du Conseil constitutionnel!
Avec la sortie des millions d’Algériens pour le 3e vendredi consécutif, et on ne peut plus clair, que l’Algérie vit une véritable crise politique, sachant que les événements s’accélèrent et la liste des opposants au 5e mandat de Bouteflika ne cesse de grossir de jour en jour.
Au vu des manifestations qui ébranlent toutes les wilayas du pays, il n’y a visiblement que deux acteurs essentiels, à savoir la rue, représentée par des millions d’Algériens et le Conseil constitutionnel, dont son nouveau président, en l’occurrence Tayeb Belaïz est appelé à veiller au respect et à l’application des lois de la République, essentiellement les articles 102 et 107 de la Constitution.
Outre les dizaines d’avocats qui ont pu franchir une barricade dressée par les policiers aux encablures du Conseil constitutionnel, mais sans pouvoir remettre à Tayeb Belaïz une requête dans laquelle ils affirment leur rejet du 5e mandat de Bouteflika et mettre ce dernier (Belaïz) devant ses responsabilités, lui qui a été fraîchement nommé à la tête de cette institution habilitée de valider ou de rejeter les dossiers de candidature à la candidature pour la présidentielle du 18 avril prochain.
Un scrutin qui risque de ne pas avoir lieu tant que les conditions ne soient pas réunies, d’autant plus que les Algériens sont plus que jamais déterminés à refuser une 5e mandature du président sortant.
A J-4, l’ancien ministre de l’Intérieur est attendu pour se prononcer sur les dossiers de candidature, dont celui du président Bouteflika est considéré par plusieurs formations politiques comme invalide dans la mesure où il ne l’a pas déposé en personne mais il a chargé une tierce personne, à savoir Abdelghani Zaâlane, ministre des Travaux publics.
A cela s’ajoute, son état de santé dégradé, d’autant plus que son séjour dans un hôpital genevois risque s’allonger, quoiqu’un communiqué de la présidence de la République avait annoncé, rappelons-le, que le chef de l’Etat se rendra en Suisse pour des contrôles médicaux périodiques.
Notons que plusieurs voix s’élèvent pour demander le reporter de cette échéance.
De l’avis des observateurs, il est plus qu’impératif de trouver des solutions et des issues politiques urgentes à la situation que vit le pays pour plusieurs raisons : primo, ce qui est réalisable aujourd’hui risque de ne pas l’être demain, étant donné le peuple réclame purement et simplement le retrait de Bouteflika de la course.
Secundo, la liste des contestataires ne cesse de grossir à mesure que les tenants du pouvoir s’obstinent à écouter la voix du peuple.
Tertio, le peuple refuse les manœuvres des partis de l’alliance présidentielles qui changent de vocables en tentant de tromper l’opinion publique et en faisant croire qu’ils ne cherchent pas de 5e mandat mais plutôt une conférence nationale de sorte de changer le système et transmettre le flambeau à la jeunesse.
En effet, de l’avis des experts en droit constitutionnel, il n’existe que deux issues à la crise politique que vit le pays, à savoir l’application des articles 102 et 107 de la Constitution qui parlent respectivement “de la vacance du pouvoir” et ” l’état d’exception décrété lorsque le pays est menacé d’un péril imminent dans ses institutions, dans son indépendance ou de son intégrité territoriale”.
En tout cas, les regards semblent tous braqués vers le Conseil constitutionnel qui se prononcera, dans quatre jours, sur les candidatures, alors que le peuple a, quant à lui, dit son mot, à savoir “non au 5e mandat”.
Samira Belaâmeri / Traduit par: Moussa. K.