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Lutte contre le commerce informel : que vont devenir maintenant les marchands ?

الشروق أونلاين
  • 1969
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Après une semaine du lancement de la campagne de lutte contre le commerce informel qui constitue la ressource de plus d’un million d’Algériens, tous âges confondus, Echorouk a sondé la réaction des commerçants en question, qui se trouvent entre le marteau et l’enclume, dont leur sort est encore inconnu.

Il est utile de souligner que de nombreux commerçants informels, n’ont d’autres ressources pour vivre que cette activité.

Après cette mesure prise par les autorités en vue faire face au commerce parallèle, plus d’un s’interrogent si elles ont réfléchi au préalable au sort de ces commerçants lesquels ne trouvant d’autres alternatives que le vol et la criminalité ?

En guise de réaction à cette procédure prise par le ministère de l’Intérieur, certains commerçants se retrouvant au chômage, n’ont pas hésité à mettre fin à leur jours, d’autres se sont armés de bâtons et de couteaux pour défendre leurs commerces.

Après avoir réussi à vider les quartiers de Bachdjarah, Boumaâti et de Belcourt à Alger des commerçants ambulants, Echorouk s’est rendu dans ces lieux encore fréquentés par de nombreux commerçants qui jadis exerçaient leurs activités dans ces endroits.

Ces commerçants étonnés par cette décision, appellent le gouvernement à leur trouver une solution, sachant que la rentrée scolaire est dans quelques jours seulement, dont les enfants ont tant besoin d’articles scolaires et de vêtements à cette occasion.

A ce sujet, Echorouk, a interrogé un marchand de fruits à Bachdjarah, Ammi Ahmed, la cinquantaine, qui dit avoir été licencié de son poste de gardien dans une école primaire il y a sept ans.

Ne trouvant d’autre job, ce quinquagénaire a décidé d’exercer le commerce dans l’informel afin de parvenir à subvenir aux besoins de sa petite famille composée de son épouse et de trois filles étudiant aux cycles primaire et moyen.

Encaissant entre 800 à 1400 DA/jour, Ammi Ahmed s’est dit satisfait de cette rente pour pouvoir gérer les affaires de son foyer, mais aujourd’hui, il décide de changer de destination où il pourrait gagner son pain et celui de ses enfants et de sa femme malade.

Un autre jeune commerçant, Mourad, à 23 ans, originaire de El Harrach, exerçait depuis 5 ans dans le commerce de vêtements au marché de Boumaâti.

Ce jeune garçon a eu toutes les peines du monde pour aider sa famille, dont le père est décédé des suites d’un cancer. N’ayant d’autres ressources que cette activité, Mourad réussi tant bien que mal à subvenir aux besoins de sa mère et de ses cinq frères.

Ce jeune en colère, s’est dit déterminé à faire n’importe quoi, voire même capable de tuer, pour parvenir à procurer de quoi nourrir sa maman et ses frères.

« L’Etat ne lutte que contre les plus démunis de la société, tandis qu’il laisse à leur aise ceux qui dérobent des milliards », a clamé un autre citoyen.

« Nous sommes des pères de famille et avons des enfants qui étudient, qui ont besoin de la nourriture, d’habillement et de soins. Aujourd’hui que l’Etat décide de nous mettre au chômage forcé, nous ne trouvons d’autres choix que le vol, le trafic de drogue ou de rejoindre le maquis… », nous a confié un autre citoyen.

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