Les funérailles du maire assassiné se sont déroulées dans son village natal à Baghlia dans la wilaya de Boumerdès dans une ambiance des plus tristes. En effet, c’est au milieu des pleurs de nombre de ses concitoyens qu’ Idir mohamed fut inhumé. Tous ceux qui l’ont approché lui reconnaissent un courage exemplaire et une gestion saine des affaires communales.
Faisant fi des menaces dont il faisait l’objet régulièrement le défunt n’aura jamais failli à ses responsabilités et aura toujours montré une disponibilité à toutes épreuves ainsi qu’une solidarité agissante vis-à-vis de ses concitoyens confrontés aux affres du terrorisme. Après une tentative d’enlèvement par un groupe de trois terroristes dans la nuit de jeudi vers 21 h, le président d’APC de Baghlia aura lutté, ainsi, contre ses ravisseurs jusqu’à la mort. C’est en rejoignant son domicile après avoir effectué la prière d’ « al icha » qu’il fut abordé par un groupe de criminels. Devant sa farouche détermination, ses ravisseurs lui ont tiré une balle dans la tête le laissant pour mort. Selon des témoins oculaires, la victime âgée de 47 ans et père de trois enfants, s’en allait tranquillement rejoindre sa famille lorsqu’il fut accosté par trois hommes armés. Toujours d’après les mêmes sources, un véhicule appartenant vraisemblablement aux terroristes était stationné non loin du lieu de la scène du crime. Devant les éclats de voix, des témoins avaient crus, d’abord, à une altercation entre le maire et quelques uns de ses administrés. Les cris lancés par la victime ont laissé croire à ces témoins que ce dernier refusait de suivre ces inconnus. Avec l’obscurité, les agresseurs n’ont pu être identifiés. De même que personne ne s’était aperçu que ces derniers étaient armés. Et ce, jusqu’à la détonation d’une arme à feu.
Alors que la dépouille était transportée à la morgue, les services de sécurité se sont vite rendus sur le lieu du crime pour faire les premières constatations. De même que les forces combinées ont procédé, aussitôt, à une vaste opération de ratissage à la recherche des auteurs de ce lâche attentat. Il est à rappeler que la région de Baghlia et les communes avoisinantes sont en proie, ces derniers temps, à une recrudescence d’attentats terroristes. Le dernier en date a coûté, ainsi, la vie au vice-président d’APC et trois autres personnes et ce à la suite de l’explosion d’une bombe artisanale. De même qu’il convient de signaler que la commune de Benchoud, limitrophe de Baghlia avait connu, elle aussi, l’assassinat de son premier magistrat en mars 2006 dans des conditions toutes aussi atroces. Cet attentat intervient, en outre, quelques mois après l’assassinat du président de l’APC de Timezrit dans la wilaya de Béjaïa, feu M. Fateh Bouchibane.
D’après des sources proches de l’enquête, le maire de Baghlia faisait l’objet de menaces de mort de la part d’un inconnu qui lui reprochait d’avoir autorisé notamment la tenue, il y a un mois, d’une marche pacifique dénonçant le terrorisme et les nombreux enlèvements qui se sont produits dans la région. Sans oublier, bien sûr, l’attentat à l’explosif qui a coûté la vie à trois personnes dont le vice-président de l’APC de Baghlia et causé des blessures à pas moins de quatorze personnes. D’après les témoignages, le maire de Baghlia, élu sur une liste FLN, suivait personnellement les dossiers de sa commune. Et parmi ces dossiers, figure en particulier la question sensible des sablières sur lesquels certains barons ont jeté leur dévolu. Le maire de Baghlia avait même décliné la proposition des services de wilaya à l’effet de résider au chef-lieu de wilaya, à Boumerdès, à l’instar de nombre d’élus issus de localités isolées. Malgré les menaces de mort réitérées, sa détermination à demeurer auprès des siens lui aura été fatale.