Français

Protection civile: 17 000 demandes de congé maladie pour fuir les risques

الشروق أونلاين
  • 3871
  • 0

« Lorsque les gens fuient la mort, nous, on se dirige vers elle », telle est l’expression prononcée par le lieutenant de la Protection civile, profondément touché par la mort d’un sapeur-pompier âgé de 39 ans et Rouaïnia Noureddine, un brigadier des forêts, âgé de 45 ans, dans l’après-midi de dimanche, dans un feu de forêt, survenu au lieudit El Batha, dans la commune de Mechroha à Souk Ahras.

Le colonel Ali Barouri, directeur de l’action sociale auprès de la Direction générale de la Protection civile, a déclaré avant-hier à Echorouk, que les services de la PC ont enregistré depuis 1990 à nos jours, 156 morts parmi ses agents, dont la plupart d’entre eux ont trouvé dans des accidents de circulation.

Le colonel Barouri a révélé que 45,65% des agents de la Protection civile sont dus à des accidents de circulation, et que l’année 2009 est la plus meurtrière avec la perte de 45 agents, soit plus de 8,49% par rapport au vingt dernières années.

De son côté, Benaissa Habiba a indiqué que l’année 2012 est aussi meurtrière par rapport aux années précédentes avec la perte de six agents, alors qu’ils étaient en pleine mission.

« A.Z », âgé de 36 ans a perdu la vie à Bordj Bou Arrérij, fauché par une voiture alors qu’il tentait sauver la vie à une famille lors d’un accident de circulation survenu le 1er mars.

« H.H » un maître-nageur a trouvé lui aussi la mort dans une des plages d’Oran, alors qu’il tentait sauver de noyade un enfant, mais la mer agitée ce jour-là lui a coûté la vie.

« K.H », un autre agent est décédé lorsqu’il s’apprêtait à aller éteindre un incendie qui est déclaré, mais son camion s’est renversé avant qu’il n’atteigne le lieu d’incendie.

Dans certains cas, selon l’agent de Protection civile « M.S », le facteur humain est à l’origine de la mort de certains pompiers, dont un des leur a trouvé la mort lorsqu’il s’est introduit dans un puit pour sauver un citoyen, mais ce dernier s’est accroché de l’agent l’empêchant de respirer et trouve ainsi la mort par asphyxie.

Un autre agent a trouvé la mort l’année dernière à Alger, suite à l’explosion du réservoir d’un bus de transport en commun, déclarée à l’intérieur du bus.

« Nous voyons du sang au quotidien. Nous ramassons des parts du corps des humains déchiquetés pour éviter aux citoyens de voire ces scènes », a déclaré à Echorouk, le sergent « M.B ».

« Ça m’arrive de participer à des interventions dans des accidents sanglantes. Alors je demande de congé ou quelques jours de repos pour me reposer et oublier ces scènes », a-t-il ajouté.

Des erreurs professionnelles dernière la majorité des accidents de la route

A ce sujet, le colonel Ali Baouri, a annoncé une étude élaborée sur la dangerosité des blessures subies par les agents lors de l’accomplissement de leurs missions, est mise en place afin de déterminer les raisons des ces blessures et parvenir à les examiner, tout comme le nombre important de demandes de congés maladies déposées par les agents.

S’agissant des accidents de travail, le colonel a indiqué que les deux pieds sont les parties de corps de l’agent les plus touchées, d’où il est nécessaire de porter de bottes pour n’importe quelle intervention.

Cette étude a démontré, selon Ali Barouri, que 144 cas de blessures au niveau des pieds ont été recensés en 2010, plus les mains avec 80 cas, dont la plupart sont dus à des erreurs professionnelles.

Notre interlocuteur a souligné l’importance du port de la tenue d’intervention, sachant que certains agents ne portent leur casque, qui est un appareil respiratoire leur permettant d’intervenir à l’intérieur des puits sans danger pendant 15 mn au minimum.

Des commissions psycho-médiacles et sociales dans chaque wilaya

L’étude a préconisé la nécessité de mettre en œuvre des commissions psycho-médicales et sociales au niveau de chaque wilaya tout en développant l’action sociale d’autant plus que certains accidents professionnels sont dus à l’absence de sensibilisation.

La même étude a montré aussi l’augmentation du nombre de demandes de congé maladie déposées au niveau des directions de wilayas, lesquelles estimées par la Direction générale de la Protection civile à 18 000 demandes de janvier 2008 au mois d’août 2011.

La saison estivale est donc la période à laquelle les agents sollicitent le plus de congé, où l’on a enregistré plus de 17 000 demandes entre juillet et août.

Les agents prèfèrent donc prendre leur congé pendant cette période, car celle-ci est caractérisée par le nombre important de feux de forêt, des accidents de la route et des noyades.

مقالات ذات صلة