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Warning ! : probables coupures électriques une semaine durant

الشروق أونلاين
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L’expert en économie Bedda Mahdjoub a révélé dans une interview accordée à Echorouk les raisons des coupures récurrentes du courant électrique ces derniers temps tout en mettant en garde contre le durcissement de cette situation dans l’avenir en n’écartant pas toutefois la probabilité d’une reproduction du scénario indien en Algérie. Bedda Mahdjoub a soulevé aussi le phénomène affaiblissant la Sonelgaz à savoir le piratage de cette énergie par des citoyens, à un taux de 10% de la production totale ainsi que les factures estimées à 40 milliards de dinars non payées par les plus grandes sociétés.

Echorouk: Pourquoi ce problème de coupures du courant électrique ne se produit-il pas dans des Etats avancés qui utilisent cette énergie, à l’instar de Dubaï où le mercure affiche les 50° C ?

B.M: En réalité, c’est le citoyen algérien qui paye la facture d’électricité des autres grandes sociétés qui consomment de quantités considérables de cette énergie. D’ailleurs, est-il juste qu’un citoyen paye une facture de même nature que celle des géantes compagnies et des usines ? Le citoyen consomme 30% de l’électricité alors que ces sociétés consomment 70%, mais les deux payent la même facture.

Echorouk:Les grandes sociétés payent-elles à la Sonelgaz ce qu’elles consomment d’électricité (70%) ?

B.M: Les chiffres que nous avons à notre possession reflètent une réalité amère, dont Sonelgaz a des créances dans la plupart des institutions et entreprises publiques à hauteur de 40 milliards de dinars, au moment où elle enregistre un déficit de près de 11 milliards de dinars.

Echorouk: Combien le citoyen algérien consomme-t-il d’électricité ? Revoir la facture de cette énergie à la hausse est-il une solution ?

B.M: Depuis 15 ans, la facture d’électricité n’a connu aucune augmentation, en dépit de l’évolution que connaît la société, où l’on remarque que chaque foyer est doté d’un climatiseur. A Alger, à titre d’exemple, les nouveaux moyens de transport récemment mis en marche, à savoir le Métro et le Tramway fonctionnent eux aussi avec de l’électricité.

Il est inéluctable de revoir à la hausse la facture de l’électricité, laquelle j’imagine qu’elle connaîtra une hausse dans un très proche avenir.

Cela ne veut pas dire que la facture que doit payer le citoyen ne doit pas être au même titre que celle des grandes sociétés publiques, ateliers et usines. Il est primordial de distinguer la facture payée par le citoyen de celle des grandes entreprises.

Echorouk: Cela veut dire que vous soutenez la revue à la hausse de la facture d’électricité ?

B.M: Oui, mais à condition qu’elle soit très bien étudiée. On sentira certainement son impact car elle sera de 4 à 5%.

En plus de cela, l’Algérie a besoin de 11 000 MW au minimum d’énergie pour les deux ou trois prochaines années, dont 3 000 MW prévus pour le Sud.

Echorouk: Un phénomène a vu le jour ces derniers temps, celui du piratage de l’énergie électrique. A-t-il, d’après vous, un impact sur les coupures du courant électrique ?

B.M: Il y a quelques années, nous avons observé que le phénomène du piratage d’électricité a pris de l’ampleur, qui constitue un très lourd fardeau qui pèse dur la compagnie estimé à près de 10%, ce qui a fait perdre à la Sonelgaz entre 7 à 10 milliards de dinars par an.

Ceci se produit au moment où la compagnie enregistre un chiffre d’affaires entre 110 et 120 milliards de dinars et laquelle a connu une perte de près de 18% due à des raisons non techniques.

Les Algériens sont à l’origine du piratage de près de 10 % de l’électricité. Un phénomène qui mérite d’être étudié.

Echorouk: Est-il logique selon vous, qu’un pays très riche en matière du gaz naturel, capable de produire cette énergie électrique plonge-t-il le citoyen dans le noir ?

B.M: Durant la dernière décennie, nous avons enregistré une hausse de la consommation d’électricité entre 10 et 14%, face à un investissement qui est de 3 et 5%, ce qui signifie la faiblesse d’investissement par rapport à la consommation.

Les 200 ou 250 milliards de dinars investis dans le domaine de l’électricité sont manifestement insuffisants par rapport à la montée en puissance du taux de consommation de l’énergie électrique ainsi qu’aux pertes enregistrées.

S’ajoute à cela le déficit enregistré par la compagnie l’année précédente qui était de 26 milliards de dinars, lequel peut atteindre cette année le seuil de plus de 28 milliards de dinars.

Echorouk: D’après vous, qui subit toutes ces coupures répétitives du courant électrique : l’Etat ou le citoyen ?

B.M: En réalité, la première victime de ces coupures est bel et bien le simple commerçant et le citoyen. Jusqu’à présent le secteur commercial est le plus affecté par les coupures, car il n’y a pas de mesures préventives, ce qui est la responsabilité de tous.

Echorouk: Prétendez-vous que l’Algérie confrontera-t-elle de nouvelles crises de coupures électriques ?

B.M: Moi, personnellement je n’écarte pas la reproduction du scénario indien en Algérie, dont il n’est pas exclure la probabilité des coupures électriques dans le pays une semaine durant.

Plusieurs facteurs favorisent la reproduction du scénario indien dans le pays, dont les incidents de 2006, 2008,2010 et 2012 avec des coupures à grande échelle qui indiquent de probables coupures électriques qui auront un impact négatif.

Echorouk: Quelles solutions proposez-vous afin de surmonter la crise des coupures du courant électrique ?

B.M: La revue à la hausse de la facture et augmenter l’investissement sont inévitables. Motiver le secteur professionnel privé à investir dans un nombre de domaines, renforcer la régulation et développer le rôle et les missions de l’instance de régulation et de régulation auront des résultats positifs.

Il est aussi nécessaire de se focaliser sur les énergies solaire, éolienne ou hydraulique pour produire également de l’électricité.

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