Quel avenir pour les partis islamiques?

date 2017/05/06 views 784 comments 3
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icon-writer Abdelhamid Athmani / version française: Moussa. K.

A l’inverse de leurs attentes et aspirations, les partis d’obédience islamique réalisent de faibles résultats à l’issue des élections législatives du 4 mai 2017.

Pourtant, leurs leaders ont tablé sur des résultats meilleurs leur permettant d’avoir leur mot à dire au sein de l’hémicycle.

Sur les 462 sièges en jeu, ils n’ont obtenu au total que 48 sièges répartis comme suit: 33 pour l’Alliance MSP (MSP et Front de changement) et 15 seulement pour l’Alliance Ennahda-El-Adala et El Binaa, soit le plus mauvais score depuis les législatives de 1997!

Après avoir rejoint les rangs de l’opposition et les boycotteurs des initiatives de l’Etat, les partis islamiques ont fini, après des décennies de querelle et de division, par s’allier à l’occasion des législatives, convaincus d’obtenir de résultats probants compte tenu du contexte économique et régional du pays. D’ailleurs, certains ont estimé qu’un deal serait conclu avec le pouvoir en vue d’une participation au prochain gouvernement, avant de recevoir un coup de massue lors de l’annonce des résultats.

Sans doute, ils justifieront cet échec par la fraude, quoique cette vielle chanson ne suffise pas pour convaincre, sachant qu’il ne soit pas facile de parler de la transparence du scrutin. En effet, il n’existe pas de preuve sur une fraude massive, bien que des dépassements soient enregistrés et qui pourraient influer relativement sur les résultats.

Ainsi, ces partis doivent se regarder dans la glace de la réalité pour chercher les causes de cet échec et se fixer des horizons politiques à l’aune des profondes mutations qu’a connues la société au début du troisième millénaire. 

Un des facteurs qui aurait peut-être provoqué la perte d’influence et la chute des partis islamiques réside dans leur composante sociologique limitée à la classe moyenne dans les secteurs d’enseignement et de l’administration locale et leur incapacité de séduire l’élite. 

En outre, les formations d’obédience islamique auraient réalisé qu’elles ne disposaient que de moyens financiers, médiatiques et techniques très limités par rapport aux grands outils dont jouissent les partis au pouvoir dans la bataille pour les élections. Désormais, ces dernières n’obéissent pas à des slogans idéologiques, ni à un discours moral mais à un jeu que livrent les grands lobbies, dont le dernier mot revient exclusivement au plus fort.

Pour atteindre leurs objectifs, ces partis ont un long chemin à parcourir à travers l’adoption d’une nouvelle vision, la révision des cartes et la redéfinition des priorités dans ce contexte marqué par des changements radicaux, ce qui impose de nouveaux modes et de moyens de communications différents pour convaincre la nouvelle génération influée par les nouvelles technologies.

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