22 camions de l'Otan détruits en Afghanistan, les talibans revendiquent
Au moins 22 camions de ravitaillement de l’Otan ont été détruits mercredi par l’explosion d’une bombe dans le nord de l’Afghanistan, ont annoncé à l’AFP les autorités locales, une attaque revendiquée par les rebelles talibans.
Cette attaque est intervenue alors que le ministre français de la Défense, Jean-Yves le Drian, se trouve dans le pays pour évoquer l’organisation du retrait de ses troupes. La France, déployée sous la bannière de l’Otan, prévoit de rapatrier d’ici la fin de l’année 2.000 de ses 3.500 soldats déployés sur place.
L’explosion, intervenue avant l’aube, a provoqué un incendie qui a ravagé les véhicules garés sur un parking pour la nuit, a précisé Ghulam Sakhi Baghlani, vice-gouverneur de la province de Samangan, où a eu lieu l’attaque. Les camions détruits venaient d’Ouzbékistan et se rendaient dans le sud du pays, selon lui.
Trois chauffeurs ont été blessés, a-t-il précisé. La force internationale de l’Otan (Isaf) a confirmé que 24 camions avaient été détruits après une attaque à la bombe, mais n’a pas précisé si ces véhicules appartenaient à des compagnies de transport locales qui la ravitaillent.
Les camions de ravitaillement de l’Otan sont régulièrement attaqués au Pakistan et en Afghanistan, des assauts généralement attribués aux talibans mais qui peuvent également être le fruit de rivalités entre mafias locales.
Face aux attaques de ses convois de ravitaillement circulant par le Pakistan et aux tensions récurrentes entre Islamabad et Washington, l’Isaf a de plus en plus utilisé ces dernières années une route de rechange passant par l’Asie centrale et le nord afghan, en plus du fret aérien.
Cette tendance s’est renforcée ces sept derniers mois après qu’Islamabad a bloqué pendant sept mois le passage de ce ravitaillement sur son territoire, après une bavure de l’Isaf qui avait tué 24 soldats pakistanais dans un bombardement à la frontière afghane en novembre dernier.
Washington et Islamabad ont fini par sceller début juillet un accord permettant la reprise de ce trafic, qui redémarre lentement depuis.
Un porte-parole de l’Isaf, le général Gunter Katz, a fait état cette semaine d’une augmentation de 10% du nombre de ces attaques ces trois derniers mois.