Affaire DSK classée: la presse américaine salue une victoire de la justice
L'abandon des poursuites contre Dominique Strauss-Kahn illustre le bon fonctionnement du système judiciaire, estimait mercredi la presse américaine, espérant toutefois que cette décision ne dissuadera pas les victimes d'agressions sexuelles de porter plainte.
« Abandonner les poursuites était la bonne décision à prendre, mais les victimes doivent pouvoir faire confiance au système », titre ainsi le New York Times dans un éditorial consacré à la décision rendue mardi par le juge de New York Michael Obus. « Reste une inquiétude légitime quant à la possibilité que cette décision puisse décourager les victimes de viol d’engager des poursuites à l’avenir », poursuit le quotidien. Pour le Wall Street Journal (WSJ), cette affaire aura nui à toutes les parties: Dominique Strauss-Kahn a perdu son poste de patron du FMI et son accusatrice Nafissatou Diallo a été dépeinte comme une menteuse vénale. Quant au procureur Cyrus Vance, il a peut-être compromis ses chances de réélection en 2013. Mais « c’est parfois ce qui arrive quand les intérêts de la justice sont bien servis », souligne le WSJ, estimant que le procureur a pris la bonne décision. Le travail du ministère public « ne consiste pas à remporter une affaire mais à ce que justice soit rendue », remarque le journal. Concernant M. Strauss-Kahn, dont les chances de briguer la présidentielle française en 2012 se sont réduites comme peau de chagrin, il a « eu plus ou moins ce qu’il méritait », juge le Wall Street Journal, qui rappelle la relation extraconjugale en 2008 entre M. Strauss-Kahn et une économiste hongroise, Piroska Nagy, qui avait débouché sur une enquête et un blâme pour DSK. « Les Français ne se soucient peut-être guère que leurs dirigeants étalent sans impunité des frasques dignes de Louis XIV, mais Manhattan n’est pas Paris », affirme le journal. Enfin, USA Today, qui relègue le sujet à son cahier « économie », illustrant la perte d’intérêt de la presse américaine pour l’affaire, promet de nouveaux « rebondissements », en notant que l’avocat de Mme Diallo, Kenneth Thompson, a lancé une action au civil pour réclamer des dommages et intérêts.