-- -- -- / -- -- --
إدارة الموقع

Abderrahmane Saïdi: «Nahnah avait refusé de prendre les commandes du FIS»

الشروق أونلاين
  • 5126
  • 0
Abderrahmane Saïdi: «Nahnah avait refusé de prendre les commandes du FIS»

Le président du Conseil consultatif du MSP, Abderrahmane Saïdi revient dans cette interview sur le rôle joué par le défunt Mahfoud Nahnah et la relation de ce dernier avec le courant « Jazaara » et les propos conférés par Merani selon lesquels Abassi, Nahnah et Djaballah auraient été financés par l’Arabie saoudite et son refus du poste qui lui avait été proposé au FIS.

Echorouk: Quels commentaires faites-vous aux déclarations de Merani selon lesquelles certains leaders du mouvement islamique, dont Nahnah auraient reçu des fonds de l’Arabie saoudite ?

Saïdi: Premièrement, je dois dire à Ahmed Merani qu’il est honteux et inconcevable de blesser la dignité de Nahnah qui est actuellement entre les mains de Dieu. Lui qui avait prouvé sa détermination à défendre l’Algérie alors que Merani était une partie de la crise qui avait secoué le pays. Aujourd’hui, je me demande pourquoi Merani attend-t-il tout ce temps, soit 22 ans après pour évoquer cette question et quelle preuve détient-il pour étayer ses accusations lui qui ne s’était jamais assis aux côtés du défunt Nahnah.

Selon vous, Nahanah n’avait jamais été financé de l’extérieur?

Il n’a jamais reçu de l’argent de l’extérieur, bien qu’il nouait d’étroites relations avec des personnalités et des organisations internationales. Son souci majeur, était d’œuvrer et de s’efforcer en faveur du mouvement, de l’Islam et du pays. Je dois affirmer que personne ne peut remettre en cause sa citoyenneté et son amour pour la patrie et sa transparence manifestés tout au long de son parcours de militant.

Nahnah se distinguait de son refus à l’invasion du Koweït?

Nahnah s’opposait fermement à l’invasion du Koweït par l’Irak, mais il était aussi contre l’invasion de l’Irak par l’Alliance internationale. Pour preuve, il avait été parmi une délégation internationale qui était en tournée dans différentes capitales arabes, dont Riyadh où ils s’étaient entretenus avec le roi Fahd pour rétablir l’environnement entre les pays en conflit après le retrait des troupes irakiennes des territoires koweitiens. Par la suite, ils s’étaient rendus en Jordanie et puis en Irak où ils avaient des pourparlers avec Sadam Hussein dans une démarche ayant pour but d’éviter à la Mésopotamie une invasion par l’OTAN.De plus, Cheikh Nahnah et Bouslimani étaient à l’avant-garde d’impressionnante marche et un sit-in devant l’ambassade iranienne en réclamant de laisser décoller les avions irakiens ayant été conduits en Iran.Dire qu’il y ait une intervention saoudienne afin de séduire la position de Nahnah est inacceptable.

Nahnah était connu pour sa modération, mais comment avait-il coupé des lignes téléphoniques avant d’être jugé et ensuite emprisonné?

L’incident s’était produit en 1976. Nahnah, Bouslimani et Mohamed Karat avaient planifié l’opération et Boudjemâma Ayad l’avait exécutée. Cette opération visait en vérité de couper les lignes téléphoniques reliant la 1e Région militaire à la Présidence et non pas la ligne publique. La colère de Boumediène à cette date là non pas parce que les lignes téléphoniques avaient été coupées mais plutôt comment ces exécuteurs avaient-t-ils réussi à avoir le plan sur la ligne téléphonique joignant le leadership militaire à la Présidence.

Pourquoi Cheikh Nahnah avait-il- opté pour ce mode?

Cheikh Nahnah avait voulu transmettre un message au système, par lequel il rappelait à ce dernier qu’il y ait des prêcheurs et des oulémas qui s’opposaient à de nombreux points qui étaient inclus dans la Charte nationale de l’époque.

Comment avaient-ils été jugés?

A cette date, il n’y avait ni des médias ni des organisations de défense des droits de l’homme et que le procès s’est déroulé devant un tribunal militaire où Nahnah avait été condamné à 16 de réclusion, dont Me Ksentini était son avocat. Nahnah avait été incarcéré pendant 4 ans à la prison de Chlef et après le séisme ayant ravagé cette wilaya en 1980, il a été transféré à la prison de Mostaganem.

Merani avait indiqué que Cheikh Nahnah était parmi les membres du groupe « Jazaara », est-ce vrai?

Je dois souligner que le premier à avoir lancé cette appellation (Jazaara) était Nahnah. Pour revenir à ce qu’avait souligné Merani, je dois affirmer que ce dernier n’avait pas de connaissance sur cette période ni les aspects historiques de l’époque avant que le mouvement ne voit le jour.A vrai dire, Jazaara était connu sous le nom de groupe islamique et ce nom donné émanant des comportements qu’adoptaient les membres de ce mouvement.En 1971, le bureau de Malek Bennabi était à la Faculté centrale de l’Université d’Alger qui abritait une salle de prière, connu aujourd’hui de la mosquée de la faculté centrale. Nahnah était alors enseignant à cette faculté et était le premier à avoir fait le prêche de vendredi à son enceinte.Peu sont ceux qui activaient à la faculté centrale, à l’image de Lemedjdani, Benchicou, Rachid Benaissa et le défunt Salim Kelalcha.S’agissant de Jazaara, c’étaient un groupe de leaders qui s’étaient fusionnés qui a vu le jour fin des années 70 que ne connaissait pas Merani.

Lesquels?

Habib Hadam, le cousin paternel de Anouar Hadam, Boukhledja (enseignant à l’Université de Bab Ezzouar), Mustapha Brahmia,etc. C’étaient les fondateurs, voire les noyaux de ce mouvement avant d’être rejoints par Tabet Hemmi, Tayeb et Mohamed Saïd. Ce mouvement avait été alors mis en 1979 sous la direction de Dr Boukheldja, actuellement en Malaisie.

Pourquoi Jazaara voue-t-il sa rancune à Nahnah comme l’avait souligné Merani?

Jazaara ne vouait sa rancune à Nahnah seulement mais plutôt à tous les groupes. La raison à mon avis, c’était une question de conflit, de leadership et de la propagande des idées.

Pourqoui Nahnah n’avait-il- pas pris part aux événements de la Fac centrale?

Les événements de la Faculté centrale en 1982 étaient provoqués par un conflit qui avait opposé des comités pédagogiques à des comités de quartiers, dont il y avait ceux qui appelaient à des manifestations sans autant procéder à des consultations, comme ce fut le cas avec Abassi Madani. Nahnah, récemment libéré alors, n’avait pas pris part sur une demande de Cheikh Sahnouni pour ne pas vider la scène de prêcheurs, en sachant que les forces de sécurité procèderaient à l’arrestation des élites islamiques.Bien qu’il n’ait pas participé, mais il avait contribué à la rédaction d’un communiqué de 14 points et avait demandé à ses partisans à veiller à ce que la marche soit pacifique et à éviter des dépassements, d’autant que la lutte armée avait déjà commencé. Je parle là-dessus du groupe de Bouyali.

Comme vous venez de le citer , qu’elle était la position de Nahnah vis-à-vis de Bouyali?

Nahnah, comme nous l’avions connu, était pour la paix et contre la violence et s’opposait à résoudre les anomalies politiques par des armes. Il s’est opposé à Bouyali et à son groupe, ce qui lui avait valu des accusations.

Selon vous, pourquoi Nahnah ne figurait-il pas parmi les membres fondateurs du FIS?

Sur cette question, je dois justement corriger les propos qu’avait annoncés Merani à travers les colonnes de votre journal, selon lesquels Nahnah aurait dit ne pas rejoindre le parti dirigé par des gamins. Ces propos n’ont jamais été prononcés par Cheikh Nahnah. En vérité, c’étaient Cheikh Kachi et Cheikh Karar qui lui avaient rendu visite pour lui proposer un poste parmi les leaders de ce parti ou d’être lui-même le leader, mais Nahnah avait refusé en leur affirmant qu’il était en tête d’un groupe organisé bien qu’il exerçait en catimini.

Il y avait des points de divergence entre Nahnah et les leaders du FIS, au point où il y avait ceux qui avaient appelé à le tuer?

Il est vrai qu’il y avait parmi les leaders du FIS ceux qui avaient des positions différentes des nôtres, mais aucun de nous ne voue à l’autre une haine comme l’a évoquée la presse. J’ai appris de certains extrémistes donner des fetwas pour tuer le défunt Nahnah, mais je n’ai aucune preuve que Abassi Madani ou autre soit derrière une telle fetwa.

Quelle était l’attitude de Nahnah vis-à-vis de l’arrêt du processus électoral et la dissolution du FIS?

Il s’était opposé à cette décision, eu égard de ses répercussions négatives sur le pays, notamment que l’arrêt du processus électoral était pour des fins politiques, dont Cheikh Nahnah avait soutenu l’option du dialogue.

Comment avait-il participé aux négociations de Sant’Egidio avant de se retirer?

Cheikh Nahnah avait cherché à cesser l’effusion du sang et à ce que les Algériens se mettent à la table de négociations. C’était là sa motivation pour aller prendre part aux négociations de Sant’Egidio. Cependant, Nahnah avait décidé de se retirer lorsqu’il avait constaté que les négociations allaient s’aggraver et que les participants ne s’étaient pas mis d’accord.Par contre, il avait assisté à toutes les rencontres en Algérie et avait l’entière conviction que ce problème ne soit réglé que par la voie du dialogue.

Quelle était la nature de la relation entretenue entre Nahnah et Ali Benhadj?

Lorsque Ali Benhadj a fait son apparition au devant de la scène, Nahnah était alors en prison, mais après sa sortie de la prison, il avait constaté que Benhadj n’avait pas une méthode bien claire.

La tête de Nahnah était demandée, mais c’était Bouslimani qui avait été tué?

Bouslimani avait été assassiné en 1993, alors que j’étais responsable d’une comité de vigilance que nous avions mise en œuvre à Blida et nous avions mis au service de Nahnah quatre maisons où il pouvait se réfugier ainsi que des bâtisses appartenant à des frères à Alger.Aucun de nous ne connaissait d’ailleurs tous les endroits où se réfugiait Nahnah. C’était Hocine Zouani qui dirigeait les vigiles qui protégeaient Nahnah des extrémistes.

Ajoutez un Commentaire

Tous les champs sont obligatoires et votre e-mail ne sera pas publié. Veuillez respecter la politique de confidentialité.

Votre commentaire a été envoyé pour examen, il sera publié après approbation!
Commentaires
0
Pardon! Il n'y a pas de contenu a afficher!