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Alger : des femmes ramassant des légumes avariés au marché et les revendent

الشروق أونلاين
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Aller ramasser des ordures ménagères constituées principalement des fruits et légumes et restes alimentaires que jettent dans des poubelles les familles algériennes quotidiennement pendant le mois de Ramadhan, n’est pas seulement un moyen pour les pauvres de se procurer de quoi manger, mais le dépasse en devenant une source pour gagner de l’argent.

Nombreuses sont les femmes rencontrées des les premières heures du 6e jour du mois sacré dans le marché de Ali Mellah à Alger ramasser des tomates avariées et des restes des volailles (intestins…) pour les revendre à des usines spécialisées dans la production du pâté.

Dans ledit marché, les prix de la viande rouge semble ne pas être à la portée des acheteurs ayant opté pour la viande blanche. Dans la foule nombreuse de personnes qui achètent de la volaille, des déchets et des restes de ces bêtes étaient jetées au sein de ce marché, que nombre d’hommes appuyés des femmes, très connues au marché, les mettaient dans de grands sacs en plastiques les fassent sortir au dehors du marché.

Force est de souligner, que tout ce que l’on jette du reste de ces volailles est vite ramassé en grandes quantités mis dans des sacs.

Voulant savoir ce qu’elles faisaient de ces restes de viande blanche, rapproché ces femmes en question pour les interviewer, c’était en vain car elles refusent de répondre à nos questions.

Cependant, on a pu interviewer un boucher exerçant au marché, sur la destination de ces déchets, a dit que tout le monde le sait mais personne ne daigne à intervenir. Il a indiqué à voix haute qu’un kilogramme d’os de volaille se vend entre 35 et 50 DA à certaines usines de production de pâté.

Ecoutant attentivement le boucher qui nous parle de ce phénomène, un des ramasseurs de ces restes l’interrompe : « Hé ! Vous les bouchers, vous êtes de grands voleurs et hypocrites… personne ne vous contrôle. Pourquoi demandez-vous donc qu’on soit contrôlés nous les pauvres (zawaliya) ? »

« Vous êtes un gang ! Vous voulez foisonner le citoyen, par ces matières endommagées », lui rétorqua le boucher.

Puis le boucher a quitté le marché en menaçant ce ramasseur de restes de volaille d’alerter les autorités sur son activité.

Des femmes sortent des poubelles des tomates endommagées revendues à 50DA

Des les premières heures, de nombreuses femmes se dirigent vers le marché Ali Mellah pour se réserver des places près des bacs à ordures. Elles emmènent avec elles des cageots en plastiques et des couteaux pour éplucher des fruits et légumes qu’elles ramassent au vu et au su de tout le monde.

La tomate, est la plus collectée, car elle est trop vulnérable par rapport à d’autres fruits et légumes, notamment en été.

S’approchant de l’une de ces femmes, une des leurs commençait à crier : « Laissez-nous tranquilles. Occupez-vous de vos oignons ? ».

Etant accompagné par un chauffeur qui connait bien comment traiter avec ces ramasseuses d’ordures, et leur parlait en tant que propriétaire d’un restaurant en leur demandant de l’approvisionner en tomate avariée.

C’est-là qu’une des femmes, à savoir Khalti Rabiâa fut intervenue, en vue de négocier avec nous. Elle nous a affirmé que 40 femmes sont spécialisées dans cette activité, dont la plupart d’entre elles entretiennent des relations avec des propriétaires de restaurants et pizzeria auxquelles elles vendent des tomates écrasées à des prix allant de 20 à 50 DA/ L.

Se rendant compte qu’elle n’a pas affaire à des commerçants, elle a vite changé de sujet et commençait à faire l’intéresser, en nous affirmant qu’elle est pauvre, et ne trouvait pas d’autres moyens pour aider sa famille.

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