Benouari: «Boudiaf ne faisait pas confiance au gouvernement Ghozali »
Feu Mohamed Boudiaf ne faisait pas confiance au gouvernement Ghozali, non plus à ses membres. C’est ce qu’a indiqué l’ancien ministre délégué au Trésor (1991-1992), Ali Benouari dans une déclaration à Echorouk.
L’ancien ministre au Trésor a confié à Echorouk avoir eu une altercation par feu Boudiaf, destinataire, selon lui, d’informations mensongères. « Un jour, il m’a convoqué dans son bureau. Le ton est monté d’un cran au cours de notre discussion. Etant en colère, je lui ai dit: « Vous, vous étiez montés au maquis pendant la Révolution et nous y sommes aujourd’hui ». « Lorsque nos esprits se sont calmés, je lui ai tout expliqué et il avait été très compréhensif. En effet, de fausses informations lui provenaient, selon lesquelles j’avais été si critique à son égard », poursuit Benouari.
« Après cette rencontre agitée, notre relation s’est considérablement améliorée», a-t- il indiqué, ajoutant que:« Malgré cela, on m’a écarté dès le premier remaniement ministériel opéré sous Boudiaf ».
« Le chef de gouvernement, Sid-Ahmed Ghozali m’a annoncé que je ne ferais pas partie du prochain gouvernement. Il s’est excusé auprès de moi en prétextant que la décision était prise en haut lieu », précise-t-il.
Par ailleurs, il a affirmé que la décision de sa destitution n’était pas prise par Boudiaf, mais par d’autres personnes qu’il n’a pas voulu citer.
L’ancien ministre du Trésor a souligné également qu’il entretenait une bonne relation avec le chef de gouvernement Sid-Ahmed Ghozali et que ce dernier ait une confiance totale en lui.
Sur l’arrêt du processus électoral, Benouari avoue avoir commis une erreur gravissime pour y avoir contribué en tant que ministre qu’il était à l’époque.
«Le gouvernement s’est réuni en présence de tous les ministres. Nous n’avions pas eu vent que la décision de l’arrêt du processus électoral fut prise en dehors du gouvernement. Sid-Ahmed Ghozali a pris la parole le premier pour nous annoncer que la situation était extrêmement dangereuse et que le pays se dirigeait droit vers la dérive et que le gouvernement était interpellé à prendre une décision audacieuse. Ensuite, tous les ministres avaient été invités à s’exprimer librement.
Quant à moi, j’ai plaidé pour la nécessité de demander des comptes aux gouvernements précédents ayant conduit le pays à cette situation. Au final, j’ai soutenu l’arrêt du processus, ce que je ne regrette pas, sachant que la décision était prise par le groupe conduit par Nezzar. Je dois dire que nous n’avions pas à l’époque toutes les données », fait-il encore savoir.
Ali Benouari précise que la réunion était présidée par Sid-Ahmed Ghozali en présence de Khaled Nezzar et Larbi Belkheir.