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Bouabdallah Ghlamallah : « l’Algérie n’a pas besoin d’un mufti de la république »

الشروق أونلاين
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« L’Algérie n’a pas besoin d’un mufti de la république ». « La question de la diffusion du feuilleton Omar Ibn AlKhatab n’a pas encore été soulevée en Algérie. Mais je me demande ou est la différence entre la représentation figurée de Hamza et d’Omar Ibn al Khatab », c’est entre autres les déclarations faites mardi par le ministre des affaires religieuses et des wakfs, Bouabdallah Ghlamallah, lors d’une interview exclusive accordée à Echorouk.

Echorouk : beaucoup de choses ont été dites ces dernières années sur la désignation d’un Mufti de la république. Où en êtes-vous avec ce projet qui pourrait mettre fin à l’anarchie en matière de fatwa en Algérie ?

Bouabdallah Ghlamallah : le mufti de la république ne pourrait pas à lui seul mettre un terme à l’anarchie en matière de fatwa. La vraie solution à ce problème c’est l’implication de tous les muftis et imams qui devraient cesser de donner des fatwa. La fatwa dans un quelconque domaine vise à guider le citoyen pour qu’il soit en conformité avec les préceptes de notre religion. Malheureusement, il y a certaines parties qui interrogent plusieurs imams et muftis sur un sujet. Ainsi, ils obtiennent des avis divergeant qu’ils publient pour semer la discorde et l’anarchie au sein de la société. En Algérie, nous n’avons pas besoin d’un mufti de la république. Celui ou celle qui veut une fatwa, qu’il ou qu’elle se rapproche des conseil scientifiques de la fatwa existant au niveau de toutes les wilayas du pays. Pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer, ces conseils sont joignables par téléphone.

Echorouk : Al-Azhar a refusé d’inscrire des imams algériens arguant la faiblesse de leur niveau, cela est vrai ou faux ?

Bouabdallah Ghlamallah : le ministère des affaires religieuses et des wakfs a proposé à certains imams de poursuivre leurs études et instructions pour perfectionner leur niveau d’une part, et pour côtoyer des oulémas d’Al Azhar d’une autre part. Toutefois, ces imams, des universitaires qui ont de grandes connaissances en matière de religion et de charia ont rencontré beaucoup de difficultés pour s’inscrire à Al Azhar. Mais grâce à l’intervention du défunt Mohamed Sayed Tantaoui, grand imam d’Al-Azhar, ces imams ont pu effectuer leurs inscriptions. Des cheikh d’Al Azhar ont été désignés pour les superviser et les diriger dans leurs études en vue de préparer des diplômes de magister et doctorat. Malheureusement les cheikhs en question considéraient nos imams comme des « clients » qui voulaient acheter des documents (diplômes). Outre les difficultés rencontrées lors de leurs premières inscriptions, nos imams avaient des difficultés pour se réinscrire. Ainsi, ils ont décidé d’abandonner (leurs études à Al-Azhar). Ils sont actuellement inscrits dans les universités algériennes, dans lesquelles certains cheikhs d’Al Azhar sont inscrits.

Echorouk : l’Office national du Hadj et Omra (ONHO) a réservé à nos futurs pèlerins des logements loin de la Mecque et les autorités saoudiennes ont y interdit le transport par bus. Alors qu’allez vous faire pour le transport de nos hadjis, notamment ceux qui sont âgés?

Bouabdallah Ghlamallah : on ne m’a pas informé officiellement que le transport par bus est interdit au sein de la Mecque. Personnellement je ne crois pas à une telle information parce que les transporteurs saoudiens ont besoin de cette activité rentable. Pour ce qui est de la durée du pèlerinage cette année, elle sera d’environ 35 jours. En ce qui concerne le coût du hadj, normalement il ne connaitra pas d’augmentation. Mais en cas d’une hausse, c’est l’Etat qui en assumerait la différence.

Echorouk : le feuilleton Omar Ibn al Khatab diffusé par plusieurs chaînes de télévisions, y compris la télévision nationale, à l’occasion du mois de ramadhan a soulevé un grand débat parmi les oulémas musulmans. Qu’en est-t-il de la position du ministère des affaires religieuses et des wakfs ?

Bouabdallah Ghlamallah : Cette question n’a pas encore été exposée au Conseil scientifique du ministère. Toutefois, je dirai que nous avons déjà regardé le film Errissala (Le message) dont lequel un acteur a joué le rôle de Hamza sans soulever de débat. Donc, je me demande ou est la différence entre la représentation figurée de Hamza et d’Omar Ibn al Khatab ?

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