Dalil Boubakeur démissionne
Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a annoncé, ce samedi 11 janvier 2020, sa démission, une semaine avant l’élection du président du Conseil français du culte musulman (CFCM), dont il assure l’intérim.
Sur proposition de Dalil Boubakeur, Chems-Eddine Hafiz, 65 ans, a été élu à l’unanimité pour lui succéder, a indiqué la Grande mosquée dans un communiqué. Dalil Boubakeur, 79 ans, originaire de Skikda, démissionne pour des «raisons personnelles», a précisé son entourage, soulignant que son remplaçant «était depuis plus de vingt ans son fidèle collaborateur».
Sa démission intervient, en effet, après 28 ans à la tête de la Grande mosquée : c’est en 1992 qu’il est nommé recteur de l’Institut musulman de la Grande Mosquée de Paris et fut longtemps, à ce titre, le seul interlocuteur des pouvoirs publics pour la communauté musulmane. Son père, Hamza Boubakeur, avait dirigé avant lui cette institution religieuse, de 1957 à 1982. Depuis cette date, la mosquée reste contrôlée par l’Algérie, qui la finance pour une large part.
Islam du « juste milieu »
Parallèlement, en avril 2003, il devient le premier président du CFCM qui vient d’être créé par le ministre français de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy. Il en a laissé les commandes en 2015. Depuis un quart de siècle, cette personnalité appréciée des pouvoirs publics, a toujours prôné un islam «du juste milieu».
«Nous souhaitons que les musulmans pratiquent ce que communément nous appelons la communauté du juste milieu: ne jamais aller vers l’extrémisme, tendre vers la sagesse, vers le respect du prochain, l’attachement à la loi, à l’ordre et à la paix», avait-il dit à un site d’informations français en 2017.
Après le débat houleux autour du port du voile qui a refait surface en France, Dalil Boubakeur a signé un texte du CFCM affirmant que «le port du voile est une prescription religieuse».