Français

Face à l'offensive généralisée de l'armée, les rebelles annoncent un repli tactique à Damas

الشروق أونلاين
  • 1450
  • 0

Alors que l’armée syrienne a lancé une offensive généralisée pour reprendre les quartiers de Damas contrôlés par les rebelles, ces derniers se sont retirés du quartier de Midan, au centre de Damas, dans la nuit de jeudi à vendredi après avoir essuyé de forts bombardements, ont déclaré vendredi 20 juillet des activistes de l’opposition et des sources au sein des rebelles.

“C’est un repli tactique. Nous sommes toujours à Damas”, a déclaré par téléphone Abou Omar, commandant rebelle, ajoutant que les forces de l’armée syrienne avaient ensuite pénétré dans le quartier, appuyées par des blindés, et pris le contrôle de la zone du marché.

Attaque d’hélicoptères à Saida Zeinab. Des militans de l’opposition ont également rapporté qu’au moins trois personnes ont été tuées vendredi après que des hélicoptères de l’armée syrienne ont ouvert le feu dans le quartier de Saida Zeinab, dans le sud-est de Damas. “Une roquette a frappé un immeuble de trois étages. J’ai téléphoné à mes proches, à Saida Zeinab, et je pouvais entendre le bruit des bombardements derrière eux”, a déclaré à l’agence Reuters Reem, rebelle, par téléphone.

Mort du général Bekhtyar. Le chef de la sécurité nationale en Syrie, Hicham Bekhtyar, blessé mercredi dans l’attentat de Damas dans lequel ont péri trois autres hauts responsables sécuritaires, a succombé vendredi à ses blessures, a annoncé la télévision d’Etat. “Le commandement du parti Baas [au pouvoir]présente ses condoléances au peuple après la mort du camarade, le généralHicham Ikhtiar, (…) chef de la sécurité nationale, qui a succombé à ses blessures avant midi”, a indiqué la télévision.

Violents combats à Midane. L’armée a “nettoyé”, vendredi 20 juillet, le quartier de Midane, près du centre de Damas, après de violents combats, a affirmé la télévision d’Etat. “Nos valeureuses forces armées ont nettoyé totalement la région de Midane à Damas des résidus des terroristes mercenaires et y a rétabli la sécurité”, a indiqué la chaîne. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), les forces du régime ont également pris d’assaut le quartier de Jobar (est). L’ONG précise que des “perquisitions ont commencé” dans certains secteurs de ce quartier hostile au régime Assad.

Des milliers de réfugiés. Durant les dernières quarante-huit heures, quelque 30 000 Syriens ont fui les combats pour aller se réfugier au Liban, a déclaré vendredi à Genève la porte-parole du Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU lors d’un point presse. “Des milliers de Syriens ont traversé la frontière du Liban hier. Selon les informations, ils sont entre 8 500 à 30 000 qui ont passé cette frontière au cours des dernières quarante-huit heures”, a-t-elle déclaré. Le HCR a par ailleurs fait part de son inquiétude concernant les réfugiés irakiens vivant à Damas. “J’ai peur pour les civils pris dans les violences à Damas, parmi lesquels les nombreux réfugiés irakiens vivant là-bas”, a indiqué Antonio Guterres, le haut-commissaire de l’ONU en charge des réfugiés.

L’agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) a déclaré mardi que le nombre de réfugiés syriens en Irak, en Jordanie, au Liban et en Turquie a presque triplé depuis avril pour atteindre 112 000. L’UNCHR s’inquiète de la situation sécuritaire, notamment au Liban, où 800 réfugiés syriens sont actuellement hébergés dans des villages situés en zone instable le long de la frontière avec la Syrie. “Les communautés qui hébergent des réfugiés supportent une charge de plus en plus lourde, car l’afflux de réfugiés porte une forte pression sur les infrastructures et les ressources locales, en particulier l’eau, le logement, les écoles et les établissements de santé”, peut-on lire dans le communiqué.

Damas dément le départ d’Al-Assad. Par ailleurs, les déclarations de l’ambassadeur de Russie à Paris sur un éventuel départ du président syrien sont”sans fondement”, a annoncé vendredi la télévision d’Etat syrienne réagissant aux propos d’Alexandre Orlov. Ce dernier a affirmé sur l’antenne de Radio France internationale que Bachar Al-Assad “accepte de partir” mais “d’une façon civilisée”.

“Plus de 15 chars” à Qaboun. Face à l’offensive des rebelles à Damas, qui dure depuis six jours, l’armée avait intensifié jeudi ses opérations, prenant d’assaut pour la première fois un quartier de la capitale, Qaboun (est), avec “plus de 15 chars et transports de troupes blindés”, selon l’OSDH. Dans la journée, plus de 300 personnes ont été tuées à travers le pays, soit “le plus lourd bilan documenté depuis seize mois” pour une seule journée, selon cette ONG basée à Londres, qui tire ses informations d’un réseau de militants en Syrie.

150 rebelles au poste-frontière de Bab Al-Hawa. Les rebelles exerçaient par ailleurs leur contrôle vendredi sur un poste-frontière avec la Turquie, après de violents combats menés la veille contre l’armée, a constaté sur place un photographe de l’AFP. Des poids lourds turcs incendiés lors des combats gisaient à l’entrée du poste de Bab Al-Hawa, situé face à la province turque de Hatay et contrôlé par environ 150 rebelles lourdement armés.

Nouveaux veto russe et chinois. Sur le terrain diplomatique, Russes et Chinois ont mis leur veto, jeudi, à la résolution qui menaçait le pouvoir syrien de sanctions. C’est la troisième fois que ces deux pays font barrage à des résolutions visant àexercer une pression sur le régime Assad.

Pour les Etats-Unis, ce nouveau vote sonne “l’échec” du Conseil de sécurité dans ce dossier et signifie que la mission de Kofi Annan “ne peut pas se poursuivre”.

“A l’ONU, la Russie et la Chine bloquent une nouvelle résolution sur la Syrie”

Le sort des 300 observateurs en suspens. Le Conseil a jusqu’à vendredi soir pour adopter une résolution sur le sort des trois cents observateurs de la mission d’observation de l’ONU en Syrie, dont le mandat expire à cette date. Les Occidentaux veulent assortir son renouvellement de pressions sur Damas et la Russie veut se contenter de prolonger cette mission, qui a été incapable depuis la mi-avril de faire cesser les combats.

Quels responsables ? Le Royaume-Uni a estimé que l’ONU n’a “pas pris ses responsabilités pour trouver une solution” à la crise syrienne. “Nous allons maintenant faire plus en dehors du cadre du Conseil de sécurité et intensifier notre soutien à l’opposition et notre aide humanitaire en dehors du travail fait par le Conseil de sécurité”, a souligné William Hague, le chef de la diplomatiebritannique, sur la BBC.

Il est “absolument inacceptable” de tenter de rendre la Russie responsable de la situation en Syrie en raison de son veto à la dernière résolution occidentale à l’ONU, a de son côté estimé le ministère des affaires étrangères russe. Poursuivant sa première tournée à l’étranger depuis son élection, le président russe, Vladimir Poutine, est vendredi à Berlin et Paris, où il doit faire face des pressions pour infléchir son soutien à Damas.

La Russie a par ailleurs décidé de “reporter” la livraison d’hélicoptères de combat à la Syrie jusqu’à la “normalisation” de la situation dans ce pays, a écrit vendredi l’agence de presse russe Interfax, citant une source militaro-diplomatique.

مقالات ذات صلة