Faux écrivains publics : 550 affaires enregistrées
Le nombre des « faux » écrivains publics a doublé ces dernières années. Ils rodent autour des bureaux de poste, ils ciblent les personnes âgées, les analphabètes, les handicapés, et les non-voyants qui font appel à leurs services pour leur remplir des chèques, des mandats et différents documents liés à des opérations financières.
Une fois que les victimes eurent signé, ces faux écrivains publics leurs arrachent les chèques ou les mandats et s’enfuient pour aller toucher la sommes figurant sur le chèque dans un autre bureau de poste avec la complicité de certains agents. Les services de la police judiciaire d’El Harrach ont arrêté lundi un individu qui arnaquait des citoyens au nom de l’écrivain public travaillant au niveau de bureau de poste situé au centre-ville d’El Harrach. Ce faux écrivain public ciblait les personnes âgées, les analphabètes, les non-voyants et les handicapés auxquels il remplissait des chèques. Dès que ses victimes eurent signé le chèque, il le vole et s’enfuit pour retirer la somme avec la complicité de certains fonctionnaires travaillant au niveau des différents bureaux de poste d’Alger. Selon les premiers éléments de l’enquête diligentée par les services de la police judiciaire, le mis en cause est un étudiant universitaire âgé de 29 ans qui se faisait passer pour un écrivain public depuis plus de trois ans. Au moins 20 plaintes ont été déposées contre lui de la part de personnes âgées et de retraités qu’il a arnaqués. Lors de son interrogatoire, l’accusé a avoué qu’il ne travaillait pas seul, mais avec un réseau de faux écrivains publics activant au niveau de plusieurs bureaux de poste au niveau de la wilaya d’Alger. Les chiffres des différents services de sécurité montrent une hausse vertigineuse des cas d’usurpation d’identité. En effet, en 2010, pas moins de 550 affaires ont été enregistrées dans lesquelles étaient impliquées 780 personnes. Les services de la gendarmerie ont enregistré environ 300 affaires d’escroquerie qui se sont soldées par l’arrestation de 168 personnes (156 hommes et 12 femmes). Ces mis en cause sont âgés entre 18 et 50 ans. 60 % d’entre eux sont des chômeurs. « Du point de vue juridique, les écrivains publics travaillent pour leur propre compte et ne relève d’aucune institution. (Ils pratiquent une activité libérale). Cependant il faudrait qu’ils obtiennent des autorisations de la part des services de la wilaya pour exercer leur métier », a indiqué à Echorouk Maître Boudjemaâ Ghicher. « Les faux écrivains publics sont considérés comme des escrocs et sont sanctionnés conformément au code de procédures pénales, notamment l’article 242 », a-t-il conclu.