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Femmes de ménage: un salaire de misère et un harcèlement permanent

الشروق أونلاين
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Elles sont souvent sous payées, elles n’ont ni assurance, ni congé, ni primes et n’ont même pas droit à l’augmentation salariale. Comme si cela ne leur suffit pas, elles subissent au quotidien des harcèlements de différents genres dans leurs lieux de travail. Ce sont les femmes de ménage.

La pauvreté et le besoin poussent des femmes algériennes à travailler comme femme de ménage chez des particuliers à domicile, dans des hôtels, dans des institutions privées et étatiques ou dans des entreprises. Souvent sous payées, ces femmes n’ont ni assurance, ni congé, ni primes et n’ont souvent pas droit à l’augmentation. En plus de cela, elles travaillent souvent dans des conditions difficiles. Comme si cela ne leur suffit pas, elles subissent au quotidien des harcèlements de différents genres dans leurs lieux de travail. Quoique le travail de femme de ménage soit un travail comme les autres, la société algérienne sous-estime les personnes qui l’exercent. Pour échapper aux propos virulents des gens, beaucoup de femmes qui exercent ce métier ne le disent pas aux gens qui les connaissent à l’instar de leurs proches, voisins et amis. Chacune d’elles a son histoire. Souvent, ces braves femmes exercent ce métier à contrecœur.

C’est le cas de Rokia, 50 ans. Cette mère de cinq enfants est contrainte de travailler pour gagner son pain quotidien et le pain de ses enfants scolarisés et de son mari malade depuis plusieurs années. « Je gagne ma vie en travaillant comme femme de ménage au niveau de trois bâtiments. Chaque locataires me paient 200 DA par semaine. A la fin du mois je me retrouve avec environ 15 000 DA. C’est très insuffisant, mais c’est mieux que rien », a-t-elle raconté à Echorouk. Le cas de Hadja Fatima 60 ans n’est pas différent de celui de Rokia. Cette sexagénaire qui a trois  enfants est veuve depuis plusieurs années. « Les conditions de vie difficiles m’ont obligé à travailler pour subvenir aux besoins de mes enfants. Les femmes de ménage sont souvent sous estimées, marginalisées et des fois rejetées par la société. En plus de cela, elles sont des fois maltraitées par leurs employeurs qui les exploitent», a-t-elle expliqué.

Le cas d’une autre femme qui a préféré garder l’anonymat a également interpellé Echorouk. Il s’agit d’une belle femme divorcée et mère de deux enfants. Après son divorce, elle s’est retrouvée toute seule après que sa famille ait refusé de prendre en charge ses deux enfants. N’ayant pas d’autres choix, elle a opté pour le métier de femme de ménage. Facilement recrutée, vu sa beauté qui ne laisse pas indifférent, elle a été la cible des ses riches employeurs qui lui faisaient différentes propositions. N’ayant pas quelqu’un sur qui elle pourrait compter, ni un niveau d’études suffisant lui permettant de décrocher un travail « décent » cette belle femme a cédé à ses employeurs pour garder son poste de travail qui lui permet de gagner sa vie et celle de ses enfants. « J’ai été en position de faiblesse c’est pour cela que j’ai vendu mon corps pour les riches à contrecœur pour subvenir aux besoins de mes enfants », a-t-elle résumé son histoire.

Interpellée par les très difficiles conditions de vie des 50 000 femmes de ménage algériennes, Wahiba A. a décidé de créer un syndicat qui défend les droits de cette catégorie marginalisée. Selon elle, 80 % des femmes de ménage travaillant dans le secteur privé ne sont pas assurées. Enfin, Wahiba A. va se pencher sur les problèmes que rencontrent les femmes dans l’exercice de leur dur métier.

 

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